Kirjailija
Charles Beaudelaire
Kirjat ja teokset yhdessä paikassa: 15 kirjaa, julkaisuja vuosilta 2022–2024, suosituimpiin kuuluu La Fanfarlo. Vertaile teosten hintoja ja tarkista saatavuus suomalaisista kirjakaupoista.
15 kirjaa
Kirjojen julkaisuvuodet: 2022–2024.
C'est vers 1848 que Charles Baudelaire d couvrit l'oeuvre de Poe; il entreprit alors de le traduire. Quelques contes parurent ainsi dans des revues, puis, en 1852, la notice biographique que nous publions ici, reprise en 1856 dans la publication chez Michel L vy du premier recueil intitul Histoires extraordinaires. Un second volume, les Nouvelles histoires extraordinaires, parut un an plus tard chez le m me diteur. Vinrent ensuite les Aventures d'Arthur Gordon Pym en 1858, Eureka en 1864 et enfin les Histoires grotesques et s rieuses publi es en 1865. Bien que parfois contest es pour une certaine infid lit aux textes originaux, ces traductions permirent l'oeuvre de Poe d'atteindre une v ritable notori t en France. Les noms de Charles Baudelaire et d'Edgar Allan Poe sont en France intimement li s. C'est que s'il ne fut pas le premier traduire Poe pour le public fran ais (certains contes avaient d j t publi s dans des revues), Charles Baudelaire entreprit ce travail avec l'intention r solue de faire de l'auteur am ricain un grand homme pour la France (lettre de Baudelaire Sainte-Beuve du 19 mars 1856). Edgar Poe, sa vie et ses oeuvres, paru pour la premi re fois en 1852 dans la Revue de Paris, puis repris comme introduction aux Histoires extraordinaires (1856), contribua largement forger cette l gende. Car c'est bien d'une l gende qu'il s'agit ici, dans la mesure o cette notice ne retrace pas exactement la vie de l'auteur am ricain. Mais l n'est pas son v ritable int r t. Au-del de sa dimension strictement biographique, ce texte appara t plut t comme un plaidoyer. En racontant l'histoire d'un de ces illustres malheureux, trop riche de po sie et de passion, qui est venu, apr s tant d'autres, faire en ce bas monde le rude apprentissage du g nie chez les mes inf rieures, Charles Baudelaire s'attache surtout d fendre l'Artiste, amoureux du Beau, contre une soci t tout enti re impr gn e de mat rialisme et de pragmatisme.
Cet article des Curiosit s Esth tiques (1855) intitul De l'essence du rire et g n ralement du comique dans les arts plastiques fut initialement crit par Baudelaire en guise d'introduction son tude consacr e la caricature. Il n'en crira finalement que deux chapitres, intitul s: "Quelques caricaturistes" et "Quelques caricaturistes trangers". Pour Baudelaire, le rire est sans aucun doute mauvais, satanique. Il est le signe du p ch originel. "Le Sage ne rit qu'en tremblant", rappelle-t-il, adaptant une maxime attribu e Bossuet. Voici un cours magistral et tr s p dagogique o Baudelaire, on le reconna t bien l , fait une brillante d monstration de toute la cruaut du rire: "le rire est caus par la vue du malheur d'autrui" ou "le rire est au fond satanique, il est donc profond ment humain." Il n'est pas question pour lui du comique "ordinaire", ou significatif, comme il le nomme, pas de celui de la traditionnelle satire sociale, d clench la vue d'une caricature et la monarchie de Juillet, temps de la jeunesse de Baudelaire, fut la grande poque de la caricature, avec Gavarni ou Daumier. La caricature est selon lui toujours un peu complaisante, elle flatte le spectateur, en fait un comp re; c'est le comique des contes de Voltaire, typique de l'esprit fran ais que Baudelaire n'aime pas, celui des com dies de Moli re, qui suscitent des r serves chez Baudelaire; et c'est m me celui de Rabelais, chez qui le rire est utile, sert faire la le on et a "la transparence d'un apologue". Non, il s'agit du rire en ce qu'il est l'une des manifestations humaines les plus mouvantes, les plus myst rieuses, les plus intelligentes aussi, ce que Baudelaire appelle, dans ce trait De l'essence du rire, le "comique absolu".
C'est vers 1848 que Charles Baudelaire d couvrit l'oeuvre de Poe; il entreprit alors de le traduire. Quelques contes parurent ainsi dans des revues, puis, en 1852, la notice biographique que nous publions ici, reprise en 1856 dans la publication chez Michel L vy du premier recueil intitul Histoires extraordinaires. Un second volume, les Nouvelles histoires extraordinaires, parut un an plus tard chez le m me diteur. Vinrent ensuite les Aventures d'Arthur Gordon Pym en 1858, Eureka en 1864 et enfin les Histoires grotesques et s rieuses publi es en 1865. Bien que parfois contest es pour une certaine infid lit aux textes originaux, ces traductions permirent l'oeuvre de Poe d'atteindre une v ritable notori t en France. Les noms de Charles Baudelaire et d'Edgar Allan Poe sont en France intimement li s. C'est que s'il ne fut pas le premier traduire Poe pour le public fran ais (certains contes avaient d j t publi s dans des revues), Charles Baudelaire entreprit ce travail avec l'intention r solue de faire de l'auteur am ricain un grand homme pour la France (lettre de Baudelaire Sainte-Beuve du 19 mars 1856). Edgar Poe, sa vie et ses oeuvres, paru pour la premi re fois en 1852 dans la Revue de Paris, puis repris comme introduction aux Histoires extraordinaires (1856), contribua largement forger cette l gende. Car c'est bien d'une l gende qu'il s'agit ici, dans la mesure o cette notice ne retrace pas exactement la vie de l'auteur am ricain. Mais l n'est pas son v ritable int r t. Au-del de sa dimension strictement biographique, ce texte appara t plut t comme un plaidoyer. En racontant l'histoire d'un de ces illustres malheureux, trop riche de po sie et de passion, qui est venu, apr s tant d'autres, faire en ce bas monde le rude apprentissage du g nie chez les mes inf rieures, Charles Baudelaire s'attache surtout d fendre l'Artiste, amoureux du Beau, contre une soci t tout enti re impr gn e de mat rialisme et de pragmatisme.
Et ici, par une bravade fr n tique, je frappai fortement avec une canne que j'avais la main juste sur la partie du briquetage derri re laquelle se tenait le cadavre de l' pouse de mon coeur... Pendant un moment, les officiers plac s sur les marches rest rent immobiles, stup fi s par la terreur. Un instant apr s, une douzaine de bras robustes s'acharnaient sur le mur. Il tomba tout d'une pi ce. Le corps d j grandement d labr et souill de sang grumel , se tenait droit devant les yeux des spectateurs. Sur sa t te, avec la gueule rouge dilat e et l'oeil unique flamboyant, tait perch e la hideuse b te dont l'astuce m'avait induit l'assassinat, et dont la voix r v latrice m'avait livr au bourreau (Le Chat noir).
Baudelaire avait raison: ces nouvelles sont extraordinaires. Un homme atteint la lune en ballon, un autre transforme en or les vils m taux, les morts apparaissent pour entra ner les vivants au tombeau, les mal dictions s'accomplissent. Edgar Poe tait fascin par le r ve, le spiritisme, la m tempsycose mais aussi les sciences. Il a cr un monde irr el d'autant plus envo tant que le fantastique est peint avec logique et minutie. Cet crivain am ricain ressentit toute sa vie la perversit qui existe en tout tre. L'homme est sans cesse et la fois homicide et suicide, assassin et bourreau. Edgar Poe a emprunt la voie royale du grand art. Il a d couvert l' trange dans le banal, le neuf dans le vieux, le pur dans l'impur. Voil un tre complet, disait Val ry.
Ce recueil de cinquante po mes est souvent d sign par son sous-titre: Petits Po mes en Prose. C'est en effet cette forme qui le caract rise, plus que ses th mes, qui ne diff rent gu re de ceux des Fleurs du Mal. Seul le dernier po me, Epilogue, est en vers. Tous les autres sont de courts textes de prose, une prose rythm e, enrichie de divers proc d s po tiques, mais sans rimes (comme l'avait fait quelques ann es plus t t Aloysius Bertrand avec Gaspard de la Nuit). Quelques po mes (par ex.: L'invitation au Voyage) ont leur double en vers rim s dans les Fleurs du Mal, ce qui permet d'appr cier les diff rences. Le titre, qui rappelle ceux de deux parties des Fleurs du Mal: Spleen et Id al et Tableaux Parisiens souligne sa parent avec ce premier recueil.
Les 137 po mes des Fleurs du Mal sont regroup s en chapitres eux-m mes organis s d'une mani re stricte: ils voquent les tentatives du po te pour d passer sa mis rable condition humaine, par l'amour et l'art (ch. 1), l'observation de la soci t (ch. 2), l'ivresse (ch. 3), le mal (ch. 4), la r volte (ch. 5). Ces tentatives, chaque fois vaines, ne lui laissent d'espoir que dans la mort (ch. 6). Ces po mes sont d'une forme classique (vers rim s d'une m trique r guli re) mais d'un esprit po tique nouveau (les correspondances ) qui ouvre la voie ce qu'on appellera par la suite le symbolisme .