Kirjojen hintavertailu – 12 859 819 kirjaa ja 27 kauppaa

Kirjailija

Fortuné Du Boisgobey

Kirjat ja teokset yhdessä paikassa: 206 kirjaa, julkaisuja vuosilta 2004–2025, suosituimpiin kuuluu Le pouce crochu. Vertaile teosten hintoja ja tarkista saatavuus suomalaisista kirjakaupoista.

Nimi esiintyy myös muodoissa: Fortune Du Boisgobey

206 kirjaa

Kirjojen julkaisuvuodet: 2004–2025.

L'oeil du chat, Tome II

L'oeil du chat, Tome II

Fortune Du Boisgobey

Createspace Independent Publishing Platform
2016
nidottu
R sum Maxime de Chalandrey, jeune homme fortun , fait la connaissance d'une myst rieuse jeune femme. Il assiste ainsi involontairement l'ex cution d'un membre d'une association de malfaiteurs qui portent tous au doigt une bague appel e l'oeil de chat. De nombreuses p rip ties l'am neront d manteler ce r seau. Fortun Hippolyte Auguste Abraham-Dubois, dit Fortun du Boisgobey, n Granville le 11 septembre 1821 et mort en f vrier 1891 Paris, est un auteur fran ais de romans judiciaires et policiers (Le Pouce crochu, Le Crime de l'omnibus, Le Collier d'acier, etc.), mais aussi de romans historiques (Le Demi-Monde sous la Terreur, Les Collets noirs, etc.), ainsi que quelques r cits de voyage (Du Rhin au Nil). Biographie Issu d'une famille ais e, son p re fut maire de Granville de 1830 1834 et d put de la Manche pendant 18 ans, Fortun du Boisgobey a fait ses tudes au Coll ge d'Avranches puis au lyc e Saint-Louis et enfin l' cole de droit. Durant la Monarchie de Juillet dont sa famille tait partisane, il sert de 1844 1848, dans la section des soldes de l'arm e d'Alg rie avant de poursuivre ses voyages en Orient. Il ne devint feuilletoniste que sur le tard, apr s avoir abandonn l'Administration des Finances. Ayant fait son entr e en litt rature en 1843, avec la publication dans le Journal d'Avranches, sous le nom de nom de plume de Fortun Abraham-Dubois, une s rie intitul e Lettres de Sicile, o il racontait un voyage effectu l'ann e pr c dente, il renoue avec les lettres, la suite d'un revers de fortune, en 1868, sous le nom de nom de plume de Fortun du Boisgobey, avec une histoire intitul e Deux com diens dans Le Petit Journal, qui sera dit e en livre sous le titre l'Auberge de la Noble-Rose en 1880. L'histoire aura du succ s aupr s du public, et Paul Dalloz, du Petit Moniteur, signera avec l'auteur un contrat 12 000 francs, un an pour sept ans. Le succ s d'Une affaire myst rieuse et du For at colonel, tous deux publi s en 1869, fait de cet crivain prolifique, qui comptera plus de soixante oeuvres son nom, l'un des feuilletonistes les plus populaires. En 1877, le Figaro l'engage pour une s rie de romans, qui augmenteront le tirage du journal. Bien que parfois un peu moins convaincants que ceux d' mile Gaboriau, avec lequel son nom est g n ralement associ , ses romans policiers ont n anmoins connu une grande diffusion et l'ensemble de ses romans a fait l'objet d'une traduction. Du Boisgobey pr sida la Soci t des gens de lettres en 1885 et 1886. Son nom de plume n' tait en r alit que l'ancien nom de sa famille (Abraham du Boisgobb ) avant la R volution, qu'il reprit: Nicolas Abraham avait acquis la vavassorie noble du Boisgobey en 1538, et l' poque de la R volution, son grand-p re avait raccourci son nom en Abraham-Dubois. Tomb malade deux mois avant sa mort il se fit transporter rue Oudinot chez les fr res de St-Jean de Dieu o il continua son travail avant de s' teindre le 26 f vrier 1891. Il fut inhum au cimeti re Montparnasse, son acte de d c s tant enregistr la mairie du VII arrondissement.
L'oeil du chat, Tome I

L'oeil du chat, Tome I

Fortune Du Boisgobey

Createspace Independent Publishing Platform
2016
nidottu
R sum Maxime de Chalandrey, jeune homme fortun , fait la connaissance d'une myst rieuse jeune femme. Il assiste ainsi involontairement l'ex cution d'un membre d'une association de malfaiteurs qui portent tous au doigt une bague appel e l'oeil de chat. De nombreuses p rip ties l'am neront d manteler ce r seau. Fortun Hippolyte Auguste Abraham-Dubois, dit Fortun du Boisgobey, n Granville le 11 septembre 1821 et mort en f vrier 1891 Paris, est un auteur fran ais de romans judiciaires et policiers (Le Pouce crochu, Le Crime de l'omnibus, Le Collier d'acier, etc.), mais aussi de romans historiques (Le Demi-Monde sous la Terreur, Les Collets noirs, etc.), ainsi que quelques r cits de voyage (Du Rhin au Nil). Biographie Issu d'une famille ais e, son p re fut maire de Granville de 1830 1834 et d put de la Manche pendant 18 ans, Fortun du Boisgobey a fait ses tudes au Coll ge d'Avranches puis au lyc e Saint-Louis et enfin l' cole de droit. Durant la Monarchie de Juillet dont sa famille tait partisane, il sert de 1844 1848, dans la section des soldes de l'arm e d'Alg rie avant de poursuivre ses voyages en Orient. Il ne devint feuilletoniste que sur le tard, apr s avoir abandonn l'Administration des Finances. Ayant fait son entr e en litt rature en 1843, avec la publication dans le Journal d'Avranches, sous le nom de nom de plume de Fortun Abraham-Dubois, une s rie intitul e Lettres de Sicile, o il racontait un voyage effectu l'ann e pr c dente, il renoue avec les lettres, la suite d'un revers de fortune, en 1868, sous le nom de nom de plume de Fortun du Boisgobey, avec une histoire intitul e Deux com diens dans Le Petit Journal, qui sera dit e en livre sous le titre l'Auberge de la Noble-Rose en 1880. L'histoire aura du succ s aupr s du public, et Paul Dalloz, du Petit Moniteur, signera avec l'auteur un contrat 12 000 francs, un an pour sept ans. Le succ s d'Une affaire myst rieuse et du For at colonel, tous deux publi s en 1869, fait de cet crivain prolifique, qui comptera plus de soixante oeuvres son nom, l'un des feuilletonistes les plus populaires. En 1877, le Figaro l'engage pour une s rie de romans, qui augmenteront le tirage du journal. Bien que parfois un peu moins convaincants que ceux d' mile Gaboriau, avec lequel son nom est g n ralement associ , ses romans policiers ont n anmoins connu une grande diffusion et l'ensemble de ses romans a fait l'objet d'une traduction. Du Boisgobey pr sida la Soci t des gens de lettres en 1885 et 1886. Son nom de plume n' tait en r alit que l'ancien nom de sa famille (Abraham du Boisgobb ) avant la R volution, qu'il reprit: Nicolas Abraham avait acquis la vavassorie noble du Boisgobey en 1538, et l' poque de la R volution, son grand-p re avait raccourci son nom en Abraham-Dubois. Tomb malade deux mois avant sa mort il se fit transporter rue Oudinot chez les fr res de St-Jean de Dieu o il continua son travail avant de s' teindre le 26 f vrier 1891. Il fut inhum au cimeti re Montparnasse, son acte de d c s tant enregistr la mairie du VII arrondissement.
Les collets noirs

Les collets noirs

Fortune Du Boisgobey

Createspace Independent Publishing Platform
2015
nidottu
Les collets noirs by Fortun Du Boisgobey. This book is a reproduction of the original book published in 1874 and may have some imperfections such as marks or hand-written notes.
Le crime de l'opera I: La loge sanglante

Le crime de l'opera I: La loge sanglante

Fortune Du Boisgobey

Createspace Independent Publishing Platform
2015
nidottu
Extrait chapitre I C'est une histoire d'hier. Le boudoir tait tendu de soie bouton d'or, parce qu'elle tait brune, cette merveilleuse Julia d'Orcival qui tenait si bien son rang la t te du grand tat-major de la galanterie parisienne. Un feu clair br lait dans la chemin e, garnie de chenets Louis XVI, des chenets authentiques o s' taient pos s les petits pieds des belles du Versailles d'autrefois. La lueur adoucie d'une lampe en porcelaine du Japon clairait le r duit capitonn o n' taient admis que les intimes. On n'entendait pas d'autre bruit que le roulement lointain des voitures qui descendaient le boulevard Malesherbes, et le murmure de l'eau bouillante qui chantait sa chanson dans le samovar de cuivre rouge. Pourtant, Julia n' tait pas seule. Pr s d'elle, demi couch e sur une chaise longue, un jeune homme, plong dans un vaste fauteuil, tortillait sa moustache blonde, et regardait d'un oeil distrait une terre cuite de Clodion, repr sentant des Bacchantes lutin es par des Faunes. L' l gant cavalier ne songeait gu re cette oeuvre d'art, pas plus que la dame ne songeait au splendide tableau de Fortuny qui rayonnait en face d'elle, et qu'elle avait pay une somme folle. Et s'ils se taisaient, ce n' tait pas qu'ils n'eussent rien se dire, car ils s'observaient la d rob e, comme deux adversaires d' gale force s'observent avant d'engager les p es. Un viveur exp riment aurait jug premi re vue qu'entre ces amoureux il allait tre question de choses s rieuses. Un auteur dramatique aurait flair une situation. Ce fut Julia qui attaqua la premi re. - Gaston, dit-elle en feignant d' touffer un b illement, vous tes lugubre ce soir. - Il y a des jours o j'ai des id es noires, r pondit Gaston. - Pourquoi pas des vapeurs, comme une jolie femme - Je puis bien avoir des nerfs. - Oui; mais quand vos nerfs sont agac s, il serait charitable de ne pas contraindre votre amie de coeur s'enfermer avec vous. - Oh s'enfermer - Parfaitement, mon cher. Vous savez tr s bien que le lundi est mon jour d'Op ra, et vous me faites dire ce matin par votre valet de chambre que vous avez r solu de me consacrer votre soir e. J'ob is sans murmurer mon seigneur et ma tre. J'envoie ma loge Claudine Rissler qui y am nera, je le crains, des gens de mauvaise compagnie; je pousse le d vouement jusqu' pr parer de mes blanches mains ce th vert que vous aimez tant; je me fais coiffer votre go t, quoique les cheveux relev s m'enlaidissent, et j'attends mon Gaston en r vant de papillons bleus. Patatras Gaston arrive avec une figure d'enterrement. Voyons, mon cher, qu'avez-vous ? Si vous jouiez la Bourse, je croirais que vous venez d'y perdre toute votre fortune, entre midi et trois heures. Ce discours, commenc sur un ton assez aigre, finissait presque affectueusement, et Gaston ne pouvait gu re le prendre de travers; mais le sourire que les doux reproches de Julia amen rent sur ses l vres n' tait pas de bon aloi. On aurait jur que le jeune amoureux regrettait d'avoir manqu l'occasion d'une querelle. - Vous avez raison, dit-il, je suis insupportable, et je m riterais que vous me missiez la porte. Que voulez-vous Ce n'est pas ma faute si la vie que je m ne m'ennuie. - Bon voil maintenant que vous me dites une impertinence. - Pas du tout. Je parle de ma vie de d soeuvr , de cette existence qui se d pense au Cercle, aux premi res, aux courses. - Et chez Julia d'Orcival. - De la vie que mon ami Nointel appelle la vie au gard nia, reprit Gaston sans relever la pierre que la dame venait de jeter dans son jardin. - propos de gard nia, vous savez que c'est ma fleur de pr dilection. Est-ce votre ami Nointel qui vous a conseill de ne pas m'envoyer de bouquet ce soir ? - Nointel ne me donne pas de conseils, et, s'il m'en donnait, je ne les suivrais pas. - Pourquoi ? Ce joli capitaine e
La violette bleue

La violette bleue

Fortune Du Boisgobey

Createspace Independent Publishing Platform
2015
nidottu
Extrait chapitre I Le vieux Paris s'en va. On a d moli l'ancien H tel-Dieu, mais il attristait encore, il y a dix ans, le parvis Notre-Dame, et sa fa ade d labr e barrait la vue de la rivi re ceux qui venaient admirer la cath drale immortalis e par Victor Hugo; - des provinciaux ou des trangers, ceux-l , car les vrais Parisiens visitent peu les monuments et ne s'avisent gu re d'aller fl ner dans la Cit . C'est un quartier pauvre, habit par de tout petits rentiers qui sortent rarement, et qui n'appr cient pas les beaut s architecturales de l' glise b tie sous Philippe-Auguste. En ce temps-l , pourtant, la place d serte et silencieuse s'animait le jeudi et le dimanche, les jours o les parents des malades de l'h pital taient admis les voir; mais ces r ceptions, autoris es par l'Assistance publique, contrastaient avec celles qui attirent de luxueux quipages la porte des grands h tels du faubourg Saint-Germain. C' tait un va-et-vient de pauvres diables qui arrivaient pied et qui s'en allaient de m me; cependant, ces jours-l l'aspect du parvis devenait presque gai, et le tableau valait qu'on l'observ t. Par un beau jeudi de printemps de l'an de gr ce 1874, deux messieurs s'en r galaient, d'une des plus hautes fen tres du long b timent de l'H tel-Dieu. Le plus jeune, en bras de chemise, fumait sa pipe, accoud sur l'appui de la crois e, et il tait l chez lui, car il y avait dans l'h pital des logements r serv s aux internes, et il en occupait un depuis six mois qu'il avait t re u l'internat, apr s un tr s brillant examen. C' tait un gar on de bonne mine, et sa tenue d braill e ne l'emp chait pas d'avoir ce que l'on appelle l'air distingu . Il avait de grands yeux noirs et ce teint p le qui pla t tant aux femmes romanesques. L'autre, qui se tenait debout pr s de lui et qui ne fumait pas, tait un homme d'une quarantaine d'ann es, grand, maigre et sec, porteur d'une figure osseuse et longue, coup e en deux par une formidable paire de moustaches h riss es, des moustaches la Victor-Emmanuel; serr avec cela dans une redingote noire, taill e militairement, et coiff d'un chapeau larges bords, vas par le haut. N'e t t sa physionomie loyale et franche, on aurait pu le prendre pour un de ces agents bonapartistes d'autrefois, un Ratapoil, comme on disait entre la r volution de 1848 et le coup d' tat de 1851. Mais il ressemblait surtout don Quichotte, et il fallait qu'il e t la bravoure et le caract re aventureux du h ros de Cervant s, car ses amis l'appelaient famili rement don M riadec, alors qu'il se nommait, de ses vrais noms, M d ric-Yves-Conan de M riadec. Il tait Breton bretonnant, et quelque peu baron, mais baron sans terres, et il ne tenait pas du tout son titre. L'interne, Albert Daubrac, natif d'Agen, tait, comme tous les Gascons, avis , ambitieux, et m diocrement port la r verie. Mais l'amiti na t des contrastes, et, en d pit de la diff rence d' ge, ces deux hommes se tutoyaient. - Tiens, dit tout coup l'interne, voici l'Ange du bourdon qui traverse la place. D'o vient-elle avec son petit panier ? Ah j'y suis... du march aux fleurs. Elle rapporte des bottes de girofl es. - Cette jeune fille qui se dirige vers l' glise ? demanda M riadec. - Oui, celle qui a un tartan cossais sur les paules et un fichu sur ses cheveux blond cendr . En as-tu vu d'aussi jolies dans ton pays de Bretagne ? a ne pousse pas dans les landes, ces beaux brins de filles-l ; a pousse Paris, dans les loges de portier. M riadec tira de son tui une grosse lorgnette qu'il portait en bandouli re, la fa on des Anglais en voyage, la braqua sur la personne que lui d signait Daubrac, et dit avec conviction
Le pouce crochu

Le pouce crochu

Fortune Du Boisgobey

Createspace Independent Publishing Platform
2015
nidottu
Extrait chapitre I La nuit est noire; il pleut verse, et la pluie, fouett e par le vent, gr sille sur les vitres d'une maisonnette isol e, tout au bout du boulevard Voltaire, et tout pr s de la place du Tr ne. Une maisonnette et non pas une villa, ni un petit h tel. Un rez-de-chauss e, un tage et des mansardes. Pas de cour, pas de grille, pas de perron. Rien qu'une palissade en planches du c t de la rue et, derri re cette cl ture primitive, un terrain vague qui confine des jardins mara chers. L'architecte n'a pas pris la peine de creuser pour asseoir des fondations. Cette bastide parisienne pose plat sur le sol, comme si on l'y avait apport e toute b tie. Elle est habit e, car il y a de la lumi re une des fen tres du rez-de-chauss e. Qui peut demeurer l ? Pas des capitalistes, bien certainement; les capitaux n'y seraient pas en s ret . Des commer ants ? Pas davantage; les chalands n'iraient pas les chercher si loin du centre. Cette niche en cailloutis ne convient gu re qu' un vieux rentier misanthrope, retir l comme un hibou dans un clocher, ou encore un m nage de petits bourgeois r duits au strict n cessaire et cultivant des l gumes dans leur enclos pour corser leur maigre pot-au-feu. Ainsi pensaient les passants qui remarquaient ce cube de ma onnerie, plant l comme une borne au milieu d'un champ; ainsi pensaient m me les voisins qui connaissaient peine de vue les occupants de ce ch teau de la mis re. Ils se trompaient tous et il leur aurait suffi de passer le seuil de la maisonnette pour constater que si, l'ext rieur, elle ne payait pas de mine, elle tait du moins confortablement meubl e.
Le crime de l'omnibus

Le crime de l'omnibus

Fortune Du Boisgobey

Createspace Independent Publishing Platform
2015
nidottu
R sum Une femme d c de myst rieusement dans un omnibus, sans qu'aucun passager ne le remarque. Paul Freneuse, artiste-peintre en vogue et t moin de la sc ne, entame une enqu te informelle, avec un de ses amis... Extrait du chapitre I Vous est-il arriv , le soir, vers minuit, de manquer le dernier omnibus de la ligne qui conduit votre domicile ? Si vous n' tes pas oblig de r gler strictement vos d penses sur votre budget de recettes, vous en ayez t quitte pour prendre un fiacre. Mais si, au contraire, votre modeste fortune vous interdit ce l ger extra, il vous a fallu revenir pied, traverser Paris en pataugeant dans la boue, quelquefois sous une pluie battante, et vous avez cent fois en route maugr contre la Compagnie qui n'en peut mais, car il faut bien qu'apr s seize heures de travail, elle accorde un peu de repos ses chevaux et ses employ s. Il y a plusieurs fa ons de la manquer, cette bienheureuse voiture, la supr me esp rance des attard s. Quand on l'attend au passage, et qu'apr s avoir adress au cocher des signes inutiles, on voit appara tre en lettres blanches se d tachant sur un fond bleu le mot redout , le d solant: Complet on enrage; mais, apr s tout, on s'y attendait un peu; on fait contre fortune bon coeur, et l'on continue cheminer. On se flatte vaguement qu'il en passera encore une, et, soutenu par cette illusion, on finit par arriver p destrement au logis sans trop s'apercevoir de la fatigue. Le pis, c'est de se pr senter la station, t te de ligne, juste au moment o vient de se remplir l'unique omnibus en partance. Pas moyen de s'y tromper; c'est bien le dernier. Le pr pos qui tourne la manivelle pour fermer la devanture du bureau vous a r pondu qu'il n'y en a plus d'autre, et les voyageurs qui vous ont devanc vous rient au nez quand vous leur demandez poliment s'il ne reste plus une seule petite place. L'arr t est sans appel. Vous n'avez plus d'autre moyen de transport que vos jambes, et il faudra qu'elles vous portent jusqu' destination, car vous ne le rattraperez pas en route, ce maudit v hicule sur lequel vous comptiez pour viter une longue tape. C'est ainsi qu'un soir de cet hiver, minuit moins un quart, au coin du boulevard Saint-Germain et de la rue du Cardinal-Lemoine, l'instant pr cis o le cocher de l'omnibus vert qui va de la Halle aux vins la place Pigalle grimpait sur son si ge, une femme arriva tout essouffl e, une femme convenablement v tue, et encore jeune, autant qu'on en pouvait juger sa tournure, car une paisse voilette lui cachait le visage. Elle venait du c t du Jardin des Plantes, par le quai Saint-Bernard, et elle avait d courir assez longtemps, car elle tait hors d'haleine et elle eut quelque peine articuler la question que les retardataires adressent avec anxi t l'employ charg de donner le signal du d part. - Tout est plein, madame, et il n'y a plus rien apr s, lui r pondit le conducteur qui tait occup faire viser sa feuille. - Ah mon Dieu, murmura-t-elle, et moi qui vais Montmartre Je n'y arriverai jamais. Et en v rit , cette heure et en cette saison, un voyage pied de quatre cinq kilom tres pouvait bien effrayer une personne appartenant au sexe faible.
Double Blanc

Double Blanc

Fortune Du Boisgobey

Createspace Independent Publishing Platform
2015
nidottu
Extrait du chapitre I L'ancien Op ra, incendi il y a quinze ans, n'avait ni fa ade imposante, ni escalier monumental, mais les vieux abonn s le regrettent. On y voyait moins d' trangers et l'acoustique y tait meilleure. On y donnait aussi des bals masqu s plus amusants que ceux d' pr sent. Le carnaval de 1870 fut joyeux et la nuit du samedi gras de l'ann e terrible, la salle de la rue Le Peletier regorgeait de monde. On s' crasait dans les couloirs, on s' touffait au foyer et les loges taient bond es. Aux premi res, droite, il y en avait une o on menait grand bruit. Les jeunes qui l'occupaient taient mont s un formidable diapason de gaiet , et ce nid de viveurs l gants attirait les chercheuses d'aventures, comme la lumi re attire les chauves-souris. tout instant, s'ouvrait et se refermait la porte qui donnait sur le fameux corridor, si magistralement mis en sc ne par les fr res de Goncourt, au premier acte de Henriette Mar chal. C' tait un incessant va-et-vient de dominos de toutes les couleurs. Quelques loups de dentelle abritaient peut- tre de vraies mondaines en rupture de salons du high-life, mais la plupart cachaient mal des visages de demoiselles trop connues, et ces messieurs n' taient pas venus au bal pour se faire intriguer, comme on disait jadis. En ce temps-l , il n'y avait d j plus que les coll giens et les provinciaux pour jouer ce jeu d mod . Dans la loge num ro 9, on rempla ait l'intrigue par une pantomime expressive, et les femmes qui s'y risquaient savaient quoi elles s'exposaient. Elles partaient chiffonn es, mais non pas f ch es, et elles ne craignaient pas d'y revenir apr s une excursion dans les couloirs o on ne les respectait pas davantage. Sous cette loge tapageuse, venaient de danser les clodoches, alors en pleine vogue, et le chef de la bande s' tait mis faire la qu te. Dans son bonnet tendu, bout de bras, il avait r colt une pluie d'or et il s'en allait recommencer plus loin ses exercices, en les d diant d'autres amateurs de contorsions. Il n' tait rest qu'un individu, costum en troubadour de pendule, v tu d'une tunique abricot et coiff d'une toque cr neaux. Celui-l n'avait pas figur dans le quadrille privil gi . Il avait bien essay de s'y m ler, mais les autres l'avaient rudement repouss . N'est pas clodoche qui veut et les titulaires de l'emploi ne se souciaient pas d'admettre un intrus au partage des b n fices. Ces dr les ne travaillaient pas pour l'amour de l'art et le bal de l'Op ra leur rapportait gros cette poque o les riches avaient encore le louis facile. Le troubadour vinc avait l'air si triste et il regardait si humblement les semeurs de pourboires que l'un d'eux le prit en piti , un grand brun que les grimaces des clodoches n'avaient pas d rid et qu'avaient laiss froid les agaceries des belles de nuit qui, les unes apr s les autres, s' taient assises pr s de lui.
La main froide

La main froide

Fortune Du Boisgobey

Createspace Independent Publishing Platform
2015
nidottu
Extrait chapitre I I Le vieux quartier Latin a disparu avec la derni re grisette. Le temps n'est plus o les tudiants tenaient honneur de ne jamais quitter la rive gauche. Maintenant, ils passent volontiers les ponts et ils se r pandent sur les grands boulevards, comme ils les appellent, pour les distinguer du boulevard Saint-Michel qu'ils nomment famili rement le Boul' Mich'. Quelques-uns m me demeurent de l'autre c t de l'eau et viennent aux cours, en voiture, - quand ils y viennent. Pourtant, sur les hauteurs de la montagne Sainte-Genevi ve, on trouverait encore, en cherchant bien, des repr sentants d'un autre ge, des attard s fid les la tenue et aux moeurs de leurs devanciers. Ceux-l arborent des coiffures tranges, fument la pipe en buvant des bocks devant les caf s de la rue Soufflot, font queue au th tre de Cluny, dansent la Closerie des Lilas et croient fermement que l'univers finit au petit bras de la Seine. Ces convaincus sont rares; si rares que, l'ann e derni re, on en comptait jusqu' deux que les nouveaux venus se montraient comme des ph nom nes. Encore se distinguaient-ils des tudiants d'autrefois en ce point qu'ils avaient tous les deux de la fortune et qu'il n'aurait tenu qu' eux de mener une autre existence. C' tait par vocation qu'ils vivaient de la vie du quartier. L'un des deux tait m me assez riche et assez bien apparent pour faire bonne figure ailleurs. Il s'appelait Jean de Mirande et, sa majorit , il tait entr en possession d'une vingtaine de mille francs de rentes, sans compter la perspective d'h riter plus tard d'un oncle millionnaire et c libataire qui avait t son tuteur. Il est vrai qu'il ne comptait gu re sur cette succession, car le susdit oncle tait solide comme le pont du Gard, b ti par les Romains, et de plus, compl tement brouill avec son neveu, depuis que ce neveu s' tait avis de d roger aux traditions de ses nobles a eux en s'enr lant dans la boh me scolaire. Le Pylade de cet Oreste du pays Latin ne descendait pas des Crois s et m me il ne sortait pas, comme on dit vulgairement, de la cuisse de Jupiter. Sa m re, veuve d'un facteur aux Halles, avait amass une tr s honn te aisance en vendant des primeurs, la pointe Saint-Eustache, et servait une pension de six cents francs par mois son unique rejeton qu'elle ne voyait pas souvent, car elle demeurait rue des Tournelles, au Marais, et Paul ne s' loignait gu re du Panth on.
Le crime de l'opera II: La pelisse du pendu

Le crime de l'opera II: La pelisse du pendu

Fortune Du Boisgobey

Createspace Independent Publishing Platform
2015
nidottu
Extrait chapitre I Nointel tait un gar on m thodique. La vie militaire l'avait accoutum faire chaque chose son heure, et ne rien enchev trer. Au r giment, apr s le pansage et la manoeuvre, le capitaine redevenait homme du monde et m me homme succ s, car dans plus d'une ville de garnison il avait laiss d'imp rissables souvenirs, et on y parlait encore de ses bonnes fortunes. Depuis sa sortie du service, il avait continu pratiquer le m me syst me, en faisant toutefois une plus large part l'impr vu, qui joue un si grand r le dans l'existence parisienne. Son temps tait r gl comme s'il e t t surcharg d'affaires. Il en consacrait bien les trois quarts la fl nerie intelligente, celle qui consiste se tenir au courant de tout, sans remplir une t che d termin e; le reste appartenait aux devoirs sociaux, aux relations amicales, et m me des liaisons plus ou moins dangereuses, mais passag res. Il n'avait pas renonc voyager au pays de Tendre, seulement il ne s'y attardait gu re et il en revenait toujours. L'aventure de Gaston Darcy tait survenue dans un moment o son coeur se trouvait en cong de semestre. Il avait saisi avec joie l'occasion d'occuper son d soeuvrement et de venir en aide au plus cher de ses amis. Depuis quarante-huit heures, il appartenait tout entier la d fense de Berthe Lest rel; il s'y tait d vou corps et me, il menait les recherches avec le m me z le et le m me soin qu'il aurait dirig une op ration de guerre, il avait pris go t au m tier, et la campagne s'annon ait bien. Le bouton de manchette trouv par la Major , les r cits de Mariette et les confidences de M. Crozon: autant de positions prises dont il s'agissait de tirer parti contre l'ennemi. L'ennemi, c' tait la marquise de Barancos, un ennemi qu'il y avait plaisir combattre, car il tait de force se d fendre, et Nointel se faisait une f te de lutter de ruse et d'adresse avec ce s duisant adversaire, de le r duire par des manoeuvres savantes, et finalement de le vaincre. Ses batteries taient pr tes, et il ne demandait qu' commencer le feu. Mais il pouvait disposer de quelques heures avant d'engager l'action, et il entendait les employer sa fantaisie. Or, il avait l'habitude d'aller, entre son d jeuner et son d ner, fumer quelques cigares au billard du cercle. Il aimait y jouer et presque autant y voir jouer, car son esprit d'observation trouvait s'exercer en tudiant les types curieux et vari s qui venaient l de quatre six cultiver le carambolage. Il jugea qu'apr s avoir consacr un bon tiers de sa journ e servir la cause de l'innocence et de l'amiti , il avait bien gagn le droit de s'offrir sa r cr ation favorite. La marquise ne recevait qu' cinq heures, et il n'avait pas besoin de rentrer chez lui pour s'habiller, son groom ayant ordre de lui apporter au cercle une toilette mieux appropri e une visite d'avant-d ner que la tenue d'enterrement qu'il portait depuis le matin. Du reste, il n'esp rait pas revoir le baleinier ce jour-l , car le correspondant anonyme qui troublait depuis trois mois le repos du malheureux marin lui faisait l'effet de ne pas tre tr s s r de ce qu'il avan ait, et il doutait que ce correspondant en v nt si vite nommer l'amant de madame Crozon.