Une grande p cheresse cherche le repentir par la douleur... POUR UN PUBLIC AVERTI. Une femme expiant ses p ch s de chair par le port d'une lourde croix en bois rencontre un jeune homme qui l'aide supporter son fardeau. Une nouvelle esquissant l'id al f minin slave de Sacher-Masoch, l'initiateur du courant masochiste. EXTRAIT Une apparition trange, myst rieuse et surhumaine traversa lentement la large voie que formait cette multitude d'hommes. C' tait une jeune femme d'une beaut nigmatique, diabolique et ang lique la fois. Elle tait grande et forte; son v tement simple et de couleur sombre, retenu la taille par une corde grossi re, laissait voir son cou, sa nuque et ses bras magnifiques br l s par le soleil. Elle marchait pieds nus, et la t te nue. Ses cheveux opulents, d'un blond rouge tre, tombaient d nou s jusqu' ses hanches. Sa belle t te, aux yeux candides, tait courb e profond ment et son dos ployait presque sous le poids d'une grande croix, grossi rement charpent e. Pourtant elle tait aussi fi re dans son abaissement, que touchante dans son m pris du monde. Tous la regardaient surpris; quelques-uns faisaient le signe de la croix, mais personne n'osait lui adresser la parole. Ce ne fut qu' l'extr mit de la ville, arriv aux derni res maisons, qu'une voix humaine r sonna pour la premi re fois son oreille. Sur les marches d'une petite maison, nouvellement blanchie, une femme jeune et jolie se tenait debout, un petit bonnet sur la t te, se pr lassant avec complaisance dans sa kazaba ka garnie de fourrure. Le poing sur la hanche, dans tout l'orgueil de sa vertu cruelle, elle lui jeta un regard moqueur et s' cria: - Ah voyez la p cheresse, elle a fl tri sa jeunesse dans la d bauche, et maintenant qu'elle ne peut plus s duire personne, elle veut se r concilier avec Dieu. C'est la flagellation qu'il te faudrait, Madeleine repentante, et si je t'avais sous la main, je t'aiderais bien apaiser le