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Kirjailija
Victor Cousin
Kirjat ja teokset yhdessä paikassa: 246 kirjaa, julkaisuja vuosilta 2006–2026, suosituimpiin kuuluu Lettres Inédites de Victor Cousin À Ernest Bersot (1842-1865). Vertaile teosten hintoja ja tarkista saatavuus suomalaisista kirjakaupoista.
Quand la fronde avait t d faite au coeur du royaume dans la personne m me de Cond , comment se serait-elle soutenue dans un coin du midi, priv e de son chef, successivement resserr e dans une seule ville, et ayant contre elle la moiti des forces de la monarchie et la politique astucieuse et hardie de Mazarin ? La Guienne devait suivre in vitablement le sort de la capitale; il faut m me admirer qu'elle se soit si longtemps d fendue. Cond , en la quittant, ne lui avait demand que d'attendre les succ s qu'il allait chercher, et, m me apr s qu'il avait t contraint de sortir de France et de se retirer dans la Flandre espagnole, la Guienne avait encore les armes la main. La fronde tait condamn e succomber Bordeaux, comme elle avait fait Paris: elle y parcourut le m me cercle de chim riques esp rances, de succ s ph m res, de honteuses dissensions, d'agitations effr n es, de crimes impuissants. Le prince de Conti figure assez bien le duc d'Orl ans avec sa petite cour de beaux esprits intrigants et corrompus. Le parti des princes tomb bien vite aux mains d'une faction populaire qui domine le parlement et l'h tel de ville, renouvelle et surpasse les tristes sc nes du 4 juillet 1652 Paris. On s'efforce de remuer les passions des protestants, on fait appel la calviniste Angleterre comme la catholique Espagne, on l ve des troupes en Irlande et on mendie l'alliance de Cromwell, on descend jusqu' flatter le fant me de la r publique. Tout choue, gr ce Dieu; l' toile de la France et de la royaut l'emporte. Cond est vaincu une seconde et derni re fois, et sa soeur, abandonn e par toute esp rance humaine, ne trouve d'asile qu'au pied de la croix...
... Je suis une de ces mes; mes relations avec Santa-Rosa ont t bien courtes, mais intimes. Plus d'une fois j'ai t tent d' crire sa vie, cette vie moiti romanesque, moiti h ro que; j'y ai renonc . Je ne viens point disputer l'oubli le nom d'un homme qui a manqu sa destin e; mais, plusieurs personnes, et vous en particulier, qui portez un int r t pieux sa m moire, vous m'avez souvent demand de vous raconter par quelle aventure moi, professeur de philosophie, enti rement tranger aux v nements du Pi mont, j'avais t li si troitement avec le chef de la r volution pi montaise, et quels ont t mes rapports v ritables avec votre cher et infortun compatriote. Je viens faire ce que vous d sirez. Je m'abstiendrai de toutes consid rations g n rales, politiques et philosophiques. Il ne s'agira que de lui et de moi. Ce n'est point ici une composition historique, c'est un simple tableau d'int rieur trac pour quelques amis fid les, pour r veiller quelques sympathies, r chauffer quelques souvenirs, et servir de texte quelques tristes conversations dans un cercle de jour en jour plus resserr . Le public, je le sais, est indiff rent et doit l' tre ces d tails tout- -fait domestiques entre deux hommes dont l'un est depuis longtemps oubli et l'autre le sera bient t; mais dans cette longue maladie qui me consume, et dans la sombre inaction laquelle elle me condamne, j' prouve un charme m lancolique revenir sur ces jours jamais vanouis; j'aime rattacher ma vie languissante cet pisode anim de ma jeunesse. J' voque un moment devant moi l'ombre de notre ami avant d'aller le rejoindre: tristes pages crites, pour ainsi dire, entre deux tombeaux et destin es elles-m mes mourir entre vos mains...
" Qui lit aujourd'hui le Grand Cyrus de Mlle de Scud ry ? qui le lisait au XVIIIe si cle, et d j m me dans les derni res ann es de Louis XIV ? Le public en avait enti rement perdu la m moire, et quand en 1713, on s'avisa de mettre au jour les H ros de roman, avec un Discours pr liminaire o Boileau, avant de mourir, avait pris t che de se moquer du Cyrus, on ne fit pas la moindre attention ces plaisanteries surann es: personne ne savait plus de quoi voulait parler le vieux satirique. Cependant le Cyrus est le chef-d'oeuvre d'une des femmes les plus spirituelles et les plus c l bres du milieu du XVIIe si cle. Mme de S vign , qui apparemment se connaissait en agr ment et en d licatesse autant que Boileau, a lou avec effusion l'auteur et l'ouvrage, et de 1649 1654, d'un bout de la France l'autre, la cour et dans la plus haute aristocratie, comme dans la bourgeoisie instruite et cultiv e, Paris et en province, dans tous les rangs de la soci t la plus polie de l'univers, on ne lisait pas seulement, on s'arrachait, on d vorait, mesure qu'ils paraissaient, chacun de ces dix gros volumes, aujourd'hui oubli s, et qui dorment d'un sommeil s culaire dans les biblioth ques de quelques rares amateurs..."
Lectures on the true, the beautiful and the good is an unchanged, high-quality reprint of the original edition of 1872. Hansebooks is editor of the literature on different topic areas such as research and science, travel and expeditions, cooking and nutrition, medicine, and other genres. As a publisher we focus on the preservation of historical literature. Many works of historical writers and scientists are available today as antiques only. Hansebooks newly publishes these books and contributes to the preservation of literature which has become rare and historical knowledge for the future.
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" ... Mme de Chevreuse en effet a poss d presque toutes les qualit s du grand politique; une seule lui a manqu , et celle-l pr cis ment sans laquelle toutes les autres tournent en ruine: elle ne savait pas se proposer un juste but, ou plut t elle ne choisissait pas elle-m me; c' tait un autre qui choisissait pour elle. Mme de Chevreuse tait femme au plus haut degr ; c' tait l sa force et aussi sa faiblesse. Son premier ressort tait l'amour ou plut t la galanterie, et l'int r t de celui qu'elle aimait lui devenait son principal objet. Voil ce qui explique les prodiges de sagacit , de finesse et d' nergie qu'elle a d ploy s en vain la poursuite d'un but chim rique qui reculait toujours devant elle, et semblait l'attirer par le prestige m me de la difficult et du p ril. La Rochefoucauld l'accuse d'avoir port malheur tous ceux qu'elle a aim s; il est aussi vrai de dire que tous ceux qu'elle a aim s l'ont pr cipit e leur suite dans des entreprises insens es..."
" ... L' ducation du peuple tait le premier devoir de la r volution de juillet. Dans les premi res ann es de cette r volution, tous mes efforts comme conseiller de l'Universit , comme crivain, comme pair de France, ont t tourn s de ce c t . C'est pour pr parer une bonne loi sur cette mati re que j'allai tudier l'organisation et l' tat de l'instruction primaire en Allemagne et particuli rement en Prusse, o cette partie de l'instruction publique est si florissante. Je crois pouvoir dire que mes travaux n'ont pas t inutiles la loi de 1833; j'ai t le rapporteur de cette loi la chambre des pairs, et je n'ai cess de concourir activement son ex cution et son d veloppement. La loi de 1833 peut avoir quelques d fauts de d tail; mais elle a le m rite de former un syst me un et complet, dont toutes les parties se soutiennent les unes les autres; elle a de plus un caract re essentiellement pratique. Aussi a-t-elle fait un bien immense; ce bien continue chaque jour; il faut le laisser se r pandre et s'accro tre sans le troubler par des innovations pr matur es. Remuer sans cesse une l gislation quand elle est bonne g n ralement, c'est en diminuer l'autorit , c'est lui enlever le respect dont elle a besoin, car le respect ne s'attache qu'aux choses qui durent..."
" ... N e en 1619 dans le donjon de Vincennes, pendant la captivit de son p re, Henri de Bourbon, prince de Cond , avec lequel tait venue s'enfermer sa jeune femme, cette beaut c l bre, Charlotte-Marguerite de Montmorency, on voit d'abord Mlle de Bourbon croissant en gr ces aupr s d'une telle m re, partageant ses journ es entre le couvent des Carm lites et l'h tel de Rambouillet, nourrissant son coeur de pieuses motions et de lectures romanesques, allant au bal, mais avec un cilice, confidente d'un h ros, le duc d'Enghien, son fr re, compatissante ses amours avec la belle Mlle du Vigean, et tout coup les traversant et entra nant son amie dans le clo tre o elle-m me ira mourir. Elle est mari e vingt-trois ans M. de Longueville, qui en a quarante-sept, qui n'est pas tout- -fait de son rang, et qui, au lieu de r parer ces d savantages par une tendresse empress e, suit encore le char de la plus grande coquette du temps, la fameuse duchesse de Montbazon. Outrag e par cette rivale, mal d fendue par un mari qui ne sait pas m me tre jaloux, elle c de la contagion de l'air qu'elle respire, et, apr s avoir t quelque temps exil e dans les distractions magnifiques de l'ambassade de Munster, de retour Paris, elle se laisse subjuguer l'esprit, au grand, air, l'apparence chevaleresque du prince de Marcillac, depuis le duc de La Rochefoucauld. Cette liaison d cid de sa vie et en termine la premi re partie en 1648..."
" ... Vanini est bien au-dessous de Bruno et de Campanella. Il n'a le s rieux de l'un ni de l'autre, ni la vaste imagination du premier, ni l'enthousiasme nergique du second. Napolitain comme eux, mais rebelle l'esprit id aliste de la Grande-Gr ce, il appartient plut t l' cole de Bologne. Il est anti-platonicien d clar , et disciple ardent d'Aristote, interpr t la mani re d'Averro s et de Pomponat. Ce n'est pas la plus noble expression du XVIe si cle. Il en a l'imagination et l'esprit, il en a aussi le d sordre, et ce d sordre para t avoir t dans sa conduite comme dans sa pens e; mais il a du moins ressembl ses deux grands compatriotes par son audace et par ses malheurs..."
" Kant est le p re de la philosophie allemande: il est l'auteur ou plut t l'instrument de la plus grande r volution philosophique qui ait eu lieu dans l'Europe moderne depuis Descartes. Or, toute r volution digne de ce nom est fille du temps et non d'un homme. Le monde marche, mais nul ne le fait marcher, comme nul ne peut l'arr ter. Je vois la philosophie de Kant deux grands ant c dents: l'esprit g n ral, le mouvement universel de l'Europe, puis l'esprit particulier de l'Allemagne..."
" L'esth tique, ou la th orie du beau et de l'art, est la partie de la philosophie qui a t le plus n glig e parmi nous. On ne rencontre pas une seule ligne sur ce grand sujet avant le p re Andr et Diderot. Diderot, qui avait des clairs de g nie, o tout fermentait sans venir maturit , a sem et l une foule d'aper us ing nieux et souvent contradictoires; il n'a pas laiss une th orie s rieuse. Dans une cole contraire et meilleure, disciple de saint Augustin et de Malebranche, le p re Andr a compos sur le beau un livre estimable, o il y a plus d'abondance que de profondeur, plus d' l gance que d'originalit 2. Condillac, qui a crit tant de volumes, n'a pas m me un seul chapitre sur le beau. Ses successeurs ont trait la beaut avec le m me d dain; ne sachant trop comment l'expliquer dans leur syst me, ils ont trouv plus commode de ne la point apercevoir. Grace Dieu, elle n'en subsiste pas moins et dans l' me et dans la nature. Nous allons essayer d'en recueillir les traits essentiels sans les alt rer par aucun pr jug syst matique; nous en laisserons para tre la vari t , et nous t cherons aussi d'en saisir l'harmonie. Nous l' tudierons successivement dans l'homme qui la conna t et qui la sent, dans les objets de tout genre qui la contiennent, dans le g nie qui la reproduit, dans les principaux arts qui l'expriment chacun leur mani re selon les moyens dont ils disposent. Commen ons par interroger l' me en pr sence du beau..."
" ... Qu'est-ce que le scepticisme ? Une opinion philosophique, qui consiste pr cis ment rejeter toute philosophie, comme impossible, sur ce fondement. que l'homme est incapable d'arriver la v rit , encore bien moins ces v rit s qui composent ce qu'on appelle en philosophie la morale et la religion naturelle, c'est- -dire la libert de l'homme, la loi du devoir, la distinction du juste et de l'injuste, du bien et du mal, la saintet de la vertu, l'immat rialit de l' me et la divine providence. Toutes les philosophies dignes de ce nom aspirent ces v rit s. Pour y parvenir, celle-ci prend un chemin, et celle-l en prend un autre: les proc d s diff rent; de l des m thodes et des coles diverses, moins contraires entre elles qu'on ne le croit au premier coup d'oeil, et dont l'histoire exprime le mouvement et le progr s de l'intelligence et de la civilisation humaine. Mais les coles les plus diff rentes poursuivent une fin commune, l' tablissement de la v rit , et elles partent d'un principe commun, la ferme confiance que l'homme a re u de Dieu le pouvoir d'atteindre aux v rit s de l'ordre moral, aussi bien qu' celles de l'ordre physique. Ce pouvoir naturel, qu'elles le placent dans le sentiment ou dans la r flexion ou dans le raisonnement ou dans la raison ou dans le coeur ou dans l'intelligence, c'est l entre elles une querelle de famille; mais elles s'accordent toutes sur ce point essentiel qui les fait tre, savoir, que l'homme poss de le pouvoir d'arriver au vrai, car ce titre, et ce titre seul, la philosophie n'est pas une chim re..."
" ... La France, insouciante de sa gloire, n'a pas l'air de se douter qu'elle compte dans ses annales le plus grand si cle peut- tre de l'humanit , celui qui comprend dans son sein le plus d'hommes extraordinaires en tout genre. Quand, je vous prie, a-t-on vu se donner la main des politiques tels que Henri IV, Richelieu, Mazarin, Colbert, Louis XIV ? Je ne pr tends pas que chacun d'eux n'ait des rivaux, m me des sup rieurs. Alexandre, C sar, Charlemagne, les surpassent peut- tre, mais Alexandre n'a qu'un seul contemporain qui lui puisse tre compar , son p re Philippe; C sar n'a pu m me soup onner qu'un jour Octave serait digne de lui; Charlemagne est un colosse dans un d sert; tandis que chez nous ces cinq grands hommes se succ dent sans intervalle, se pressent les uns contre les autres, et ne forment pour ainsi dire qu'une me. Et par quels capitaines n'ont-ils pas t servis Cond est-il vraiment inf rieur Alexandre, Annibal et C sar ? car, pour d'autres mules, il ne faut pas lui en chercher. Qui d'entre eux l'emporte sur lui par l' tendue et la justesse des conceptions, par la promptitude du coup d'oeil, par la rapidit des manoeuvres, par la r union de l'imp tuosit et de la constance, par la double gloire de preneur de villes et de gagneur de batailles ? Ajoutez qu'il a eu affaire des g n raux tels que Mercy et Guillaume, et qu'il a eu sous lui Turenne et Luxembourg, sans parler de tant d'autres hommes de guerre lev s cette admirable cole, et qui, l'heure des revers, ont encore suffi sauver la France..."