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Ferdinand Brunetière
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95 kirjaa
Kirjojen julkaisuvuodet: 2005–2025.
L'Évolution de la Poésie Lyrique En France Au Dix-Neuvième Siècle. T. 2
Ferdinand Brunetière
Hachette Livre - BNF
2018
pokkari
L'Évolution d'un genre: La Tragédie
Ferdinand Brunetière
Createspace Independent Publishing Platform
2018
nidottu
Ce n'est pas un article, c'est tout un livre et un gros livre que l'on pourrait ou qu'il faudrait consacrer l'histoire de la Trag die dans la litt rature universelle, si surtout on y voulait joindre l'examen et la discussion des questions de toute nature qui sont, vrai dire, une partie de cette histoire m me. C'est ainsi qu'une histoire de la trag die grecque se distinguerait peine, si l'on en croyait quelques critiques, d'une histoire du sentiment religieux en Gr ce; et le moyen d'entendre l'histoire de la trag die fran aise, si l'on ne commence par en rattacher les diverses fortunes toute l'histoire de notre ancien r gime ? Oblig s que nous sommes ici de nous restreindre, nous ne pourrons gu re, dans ce court essai, qu'effleurer en passant quelques-unes de ces questions, les moins particuli res, et nous ne donnerons de l'histoire de la trag die qu'une esquisse tout fait insuffisante. Nous tacherons du moins de faire qu'on y reconnaisse, pour ainsi parler, le sch ma de l'histoire ou de l' volution d'un genre, et, de telle mani re, que tout ce que nous ne dirons pas, on en aper oive clairement, dans ce que nous dirons, les points de rencontre, d'insertion, et d'attache...
L'Erreur du XVIIIe siècle
Ferdinand Brunetière
Createspace Independent Publishing Platform
2018
nidottu
Quand je dis l'Erreur du XVIIIe si cle, il en a certes commis plus d'une, dont nous portons encore la peine, et qu'il y a lieu de craindre que l'avenir ne r pare jamais. Dans l'histoire des peuples, il y a des erreurs irr parables, comme dans l'histoire des individus, et ce ne sont toujours ni les plus apparentes ni celles qu'on se reproche le plus: il arrive m me quelquefois que l'on s'en fasse gloire Mais l'erreur que je veux dire, et que je consid re comme l'une des plus graves, - parce qu'apr s les avoir engendr es, c'est elle qui commande la plupart des autres, - est celle qu'Auguste Comte a d nonc e jadis, dans un passage de son Cours de philosophie positive, que j'avais r cemment l'occasion de citer, et dont je voudrais mettre aujourd'hui l'importance en lumi re. Il y a plus de choses qu'on ne le croit dans la philosophie d'Auguste Comte: il y a surtout plus de lecture, plus d' rudition, plus de connaissances pr cises et concr tes que n'y en ont su discerner quelques-uns de ses critiques. M. Comte n'entend rien aux sciences de l'humanit , parce qu'il n'est pas philologue: c'est une phrase d'Ernest Renan, qui faisait infiniment moins de cas de M. Comte que de Victor Cousin. Je voudrais montrer ce qu'il y a d'injuste dans ce jugement; et, pour le montrer d'une mani re qui n'ait rien de philologique, je voudrais montrer de quelle vive lumi re les affirma lions g n rales et pr tendues a priori du philosophe clairent dans leurs profondeurs quelques-unes des r alit s de l'histoire des id es...
Quand la Séparation sera votée...
Ferdinand Brunetière
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2018
nidottu
Quand la s paration sera vot e, ... nous savons tous que le budget des cultes se trouvera supprim , d'une part, ou diminu de plusieurs millions; et, d'autre part, la nomination de nos v ques ne d pendra plus d'un gouvernement que l'int r t de la religion n'a pas depuis cent ans toujours inspir dans ses choix; mais, d'ailleurs, il n'y aura rien de fait, et c'est seulement alors que les vraies difficult s surgiront. Nous ne sommes pas embarrass s de savoir comment l'Etat y fera face, ni lui non plus et, sans plus de scrupules qu'il n'en a montr jusqu'ici, nous pouvons tre s rs qu'il appliquera le droit de la force. Mais, l' glise, que fera-t-elle ? ou, pour parler peut- tre avec plus d'exactitude, les catholiques de France, que feront-ils ? C'est ce qu'il est devenu sans doute urgent d'examiner. Nous ne parlerons donc aujourd'hui ni de la question th orique ou acad mique de la s paration de l' glise et de l' tat, ni du Concordat, et de tant de moyens qu'il y aurait eu, si vraiment on l'e t voulu, de le conserver en l'adaptant aux nouvelles conditions qui se sont impos es depuis 1802 tant l' glise qu' l' tat moderne. Sur l'un comme sur l'autre point, tout a t dit, depuis deux ans qu'on les discute, la Chambre, dans les journaux, dans les salons ou dans les cercles, hier encore au S nat; - et les opinions sont faites. Si nous exprimions aujourd'hui la n tre, c'est un plaisir bien inutile que nous nous donnerions; elle viendrait un peu tard; nous convenons franchement qu'elle ne serait pas neuve; et elle ne changerait rien aux choses. Mais la vraie question, - la question du jour, si je l'osais dire, - et la question de demain, c'est de savoir, quand la s paration sera vot e, ce que fera l' glise ?...
L'Éloquence de Bourdaloue
Ferdinand Brunetière
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2017
nidottu
"... Mais o est-elle, cette loquence ? et, si les t moignages ne nous font pas d faut, qui l'ont c l br e en son temps, o en sont aujourd'hui les monuments authentiques ? C'est une question qu'on n'e t pas eu seulement l'id e de se poser, il y a vingt-cinq ou trente ans, et la belle dition des OEuvres de Bourdaloue, donn e de 1707 1734, chez Rigaud, en seize volumes, par le P re Bretonneau, faisait foi: le texte des Sermons tait l . On savait bien que, - pas plus que Bossuet, avant lui, et Massillon, depuis eux, - Bourdaloue n'avait lui-m me publi ses Sermons. Il en avait eu l'intention, mais d'autres soins l'en avaient d tourn . On savait galement que le P re Bretonneau, selon l'usage de son temps, avait cru devoir corriger, parer, et orner son auteur avant de le pr senter au public. C'est ce qu'avaient fait avant lui, en 1669, les diteurs des Pens es de Pascal, et c'est ce que devait faire apr s lui, en 1772, l' diteur des Sermons de Bossuet..."
Les Bases de la Croyance
Ferdinand Brunetière
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2017
nidottu
"... L'intelligence et la raison, on le reconna t, sont assur ment n cessaires tout, mais on commence s'avouer qu'elles ne suffisent peut- tre rien. On se demande s'il n'y aurait pas d'autres sources de connaissances et, par cons quent, d'autres fondements de la croyance ? Ou, en d'autres termes encore, il ne s'agit plus de l'impuissance id ale ou th orique de la raison, mais de son insuffisance actuelle ou pratique; et j'ajoute que ce ne sont plus des discours ou des raisonnements qui doivent d sormais l' tablir: ce sont des faits. Consid rons en effet l'histoire de l'humanit nous voyons bien les ruines que la raison a faites, mais nous avons plus de peine discerner ce qu'elle a difi . videmment, ce n'est pas une op ration de la raison que nous trouvons l'origine de l'institution sociale, par exemple; et il faut nous en f liciter, car, - si nous en jugeons par les utopies des faiseurs de syst mes, depuis Platon jusqu' Fourier, pour ne rien dire de nos anarchistes, - une soci t vraiment conforme la raison serait inhabitable. Est-ce d'ailleurs l'instinct que l'on trouve l'origine des soci t s, quelque chose d'analogue l'instinct de l'abeille ou de la fourmi ? est-ce autre chose, et je ne sais quelle force, encore cach e, et pour toujours peut- tre, derri re ses effets ? Nous l'ignorons. Mais il n'importe, et il nous suffit pour le moment de pouvoir affirmer que ce n'est pas la raison..."
" Il n'a manqu Moli re que d' viter le jargon et d' crire purement: ainsi s'exprimait La Bruy re, en 1689, quinze ou seize ans apr s la mort de Moli re; et, - si l'on fait attention quelles taient alors les fr quentations du ma tre d'histoire du duc de Bourbon, Mal zieu, Boileau, Racine, Bossuet, F nelon peut- tre, - ce jugement si s v re ne doit pas tre consid r comme le sien seulement, mais comme celui de tout un petit cercle de d licats. Quelques ann es plus tard, en 1697, dans l'article POQUELIN de son grand Dictionnaire, Bayle disait, de son c t , qui tait le c t de Hollande: Il (Moli re) avait une facilit incroyable faire des vers, mais il se donnait trop de libert d'inventer de nouveaux termes et de nouvelles expressions: il lui chappait m me fort souvent des barbarismes. Et, en 1713 enfin, dans sa Lettre sur les Occupations de l'Acad mie fran aise, F nelon, un F nelon d sabus pourtant et d tach de bien des choses, mais non pas de celles de l'esprit, ench rissant sur La Bruy re et sur Bayle, disait son tour: Encore une fois je le trouve grand, - c'est toujours Moli re, - mais ne puis-je pas parler en toute libert sur ses d fauts ? En pensant bien il parle souvent mal; il se sert des phrases les plus forc es et les moins naturelles..."
Lettres au Cardinal Mathieu
Ferdinand Brunetière
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2017
nidottu
" Si je ne vous ai pas crit plus promptement pour vous exprimer toute ma reconnaissance de l'accueil que vous avez bien voulu me faire Angers, et me m nager vous-m me aupr s de vos dioc sains, vous ne m'aurez pas, je pense, int rieurement accus; de n gligence, - et encore moins d'ingratitude, - mais vous m'aurez excus plut t sur le formidable arri r de besogne que je retrouve Paris, quand il m'est arriv , comme ce mois-ci, de m'absenter une quinzaine de jours. Ce n'est rien de tr s important, la v rit , mais c'est un d tail n'en plus finir, et parce que c'est le genre de travail le moins attrayant qu'il y ait au monde, il dure bien plus longtemps qu'il n'en vaudrait la peine. Mais me voici rentr dans mon courant, et le premier instant de loisir que; je trouve, j'en profite pour vous dire ce que je ne saurais trop vous redire: combien je vous suis oblig de votre bienveillance, et l'inoubliable souvenir que j'en ai rapport . Plus de mots en diraient moins, et je suis bien s r que Votre Grandeur ne se trompera pas l'accent de ceux-ci. Je penserai plus d'une fois Angers, ce qui n'est pas d'ailleurs bien difficile un Vend en, et quand j'y penserai, c'est l'Ev ch que je reverrai..."
Le Catholicisme aux États-Unis
Ferdinand Brunetière
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2017
nidottu
" Parmi les ph nom nes caract ristiques de cette fin de si cle, je n'en connais gu re de plus int ressant, de plus significatif tous gards, ni, en v rit , de plus paradoxal que le d veloppement du catholicisme aux Etats-Unis. Comment ceux qui n' taient, il y a cent vingt-cinq ans, qu'un peu plus du centi me de la population de l'Union, 30 ou 40 000 mes sur 3 millions d'habitants, en sont-ils devenus le septi me, 9 ou 10 millions sur un chiffre qui n'atteint pas encore tout fait 65 millions ? et comment, de toutes les confessions qui se partagent l'un des peuples les plus religieux du monde, la plus nombreuse, et bient t la plus riche ? Sur ce vaste territoire o l'on ne comptait en 1789 qu'un seul si ge piscopal, comment se fait-il qu'il y en ait aujourd'hui quatre-vingt-huit, 8 000 pr tres o l'on n'en comptait alors qu'une trentaine, 6 000 glises o je ne crois pas qu'il y en e t seulement dix ? Et, pour tout r sumer d'un seul trait, comment se fait-il enfin qu'une ville, jadis fond e par des marchands protestants, et devenue le juste orgueil de la puissance anglo-saxonne - c'est New-York que je veux dire, - soit actuellement, apr s Paris, et avec Vienne, la plus grande ville catholique du monde ? La libert , comme on le dit, a-t-elle toute seule accompli cet ouvrage ? Mais la libert , qui est la condition de tout, n'est l'ouvri re agissante ni la raison de rien; et il faut chercher plus profond ment. S'il y a des causes particuli res et locales, des causes vraiment am ricaines de ce prodigieux d veloppement, il y en a d'autres, et de plus g n rales, et qui tiennent peut- tre l'essence m me du catholicisme..."
" Le sujet dont je voudrais vous entretenir ce soir tant aussi d licat que complexe, vous me permettrez, avant tout, de le bien d limiter et de le pr ciser. Ce n'est en effet ni de l'obligation ni de l'utilit , mais uniquement du besoin de croire que je vais vous parler. L'utilit de croire est vidente, tant ce que nous sommes; et, pour n'en prendre qu'un exemple, demandez-vous ce qu'il adviendrait de l'humanit , si, conform ment au pr cepte cart sien, chacun de nous ne voulait admettre pour vrai que ce qu'il conna trait videmment tre tel ? L'obligation de croire est imp rieuse; et aucun de nous, - j'aurai, chemin faisant, l'occasion de vous le montrer, - ne s'y soustrait qu' son pire d triment..."
La Recherche de la paternité
Ferdinand Brunetière
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2017
nidottu
" ... Nous ne sommes donc pas de ceux qui s'aviseront jamais de reprocher M. Dumas, dans cette question de la recherche de la paternit , la p riodicit de son intervention. Peu nous importe m me si, l'ayant r veill e jadis l'un des premiers, et quand l'opinion publique y pouvait sembler assez indiff rente, il entretient autour d'elle une agitation que nos hauts magistrats qualifient volontiers de factice. Une erreur trop commune aux personnages que l'on appelle constitu s en dignit , c'est de ne pas pr ter une attention suffisante aux r ves de ce qu'ils appellent, leur tour, dans cette langue barbare qui est quelquefois la leur, des individualit s sans mandat. Mais ils feraient mieux, si leurs pr jug s sont fond s en raison, d'essayer de le d montrer; et l'on con oit ais ment qu' s'entendre ainsi traiter d'auteur dramatique et de romancier, sans plus, comme si ces deux mots disaient tout, et n'avaient pas besoin de commentaire, la bile de M. Dumas, toujours facile s' mouvoir, se soit cette fois-ci particuli rement et vivement mue..."
" ... Les origines de Rivarol, comme aussi bien celles de beaucoup d'hommes de lettres de la fin du XVIIIe si cle, sont assez obscures. On n'a su pendant longtemps ni si son p re tait aubergiste ou gentilhomme, ni si lui-m me tait n en 1753, ou en 1754, ou en 1757, ni s'il fit ses premi res tudes Cavaillon ou Bagnols. Il semble bien que M. de Lescure ait raison de le faire na tre le 26 juin 1753; les deux autres points ne paraissent pas encore suffisamment claircis. Ce ne sont pas l d tails d'une grande importance. Il est plus int ressant d'apprendre par le t moignage de l'un de ses biographes qui, s'il devint plus tard de ses ennemis, avait commenc par tre des amis de sa jeunesse, Cubi res-Palmaizeaux, qu'aux environs de dix-huit ou vingt ans, Rivarol avait la plus belle figure, la plus belle taille et la d marche la plus noble; et que les dames d'Avignon, o il tait alors au s minaire, a suivaient des yeux en soupirant le bel abb de Sainte-Garde, ou m me l'accompagnaient jusqu'aux portes de son aust re demeure. L'observation de Cubi res, en d'autres temps, et d'un autre homme que Rivarol, ne prouverait peut- tre que l'indiscr tion et la futilit du biographe. On verra tout l'heure qu'elle a son prix ici, et qu'elle importe, si je puis ainsi dire, la composition du personnage..."
La Lutte des races et la Philosophie de l'histoire
Ferdinand Brunetière
Createspace Independent Publishing Platform
2017
nidottu
" S'il y a certainement des questions plus litt raires, au sens usuel et banal du mot, je ne sais s'il y en a, - m me en litt rature, - de plus int ressante, ou de plus attirante, mais surtout de plus importante que la question de race. Toutes les autres, en effet, n'y viennent-elles pas comme aboutir ? Si les m mes genres n'ont pas fait, en tout temps ni partout, sous toutes les latitudes, la m me fortune litt raire, et par exemple, depuis Ronsard jusqu' nos jours, si tous nos po tes ensemble n'ont pu nous donner une J rusalem seulement; ou encore, si l' volution du drame anglais dans l'histoire n'a sans doute pas ressembl celle de la trag die fran aise, la cause ou l'explication derni re ne s'en trouve-t-elle pas dans le myst re m me des aptitudes originelles des races ? Pourquoi les Allemands n'ont-ils pas de th tre, vrai dire ? ou pourquoi l'Europe, dont nos prosateurs ont lait si ais ment la conqu te, n'a-t-elle jamais franchement accept nos po tes, en g n ral, et nos lyriques, en particulier ? Mais les genres eux-m mes, lorsque l'on essaie d'en reconstituer l'histoire et d'en reconna tre la premi re origine, d'o viennent-ils, et que sont-ils peut- tre, si ce n'est autant de symboles, d'expressions plastiques et figur es de ce qu'il y a de plus original, de plus int rieur, et de plus permanent dans l' me m me ou le g nie des races ? Puisque donc il n'y a pas de question litt raire un peu complexe qui n'aboutisse la question de race..."
Hippolyte Taine: Un Historien de la Révolution française
Ferdinand Brunetière
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2017
nidottu
" On ne saurait, sans imprudence, vouloir d s aujourd'hui porter un jugement d cisif sur le grand ouvrage o M. Taine aura mis bient t douze ou quinze ans de sa laborieuse existence. En effet, nous ne connaissons pas la conclusion de ces Origines de la France contemporaine, et nous l'oserions d'autant moins pr sumer, que peut- tre M. Taine lui-m me ignore-t-il encore ce qu'elle sera. Quand il faisait para tre son Ancien R gime, il ne se doutait pas qu'il d t tre un jour si s v re la r volution, puisque enfin, dans le dernier volume de sa R volution, s'il n'a pas fait pr cis ment l'apologie de l'ancien r gime, il ne s'en faut de gu re. Mais qui r pondra bien, puisque sa R volution a finalement d u tant de lecteurs de son Ancien R gime, que son Empire ne pr pare pas quelque d ception du m me genre la plupart de ceux qui lui savent jusqu'ici tant de gr d'avoir crit cette R volution ? - Ce n'est pas une logique ordinaire que celle de M. Taine, et, plus hardie que cons quente, elle s'est toujours r serv jusqu'au bout le secret de ses conclusions..."
Le Paysan sous l'ancien régime
Ferdinand Brunetière
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2017
nidottu
" ... Entrons donc au village et p n trons dans la maison, non pas du gros fermier, dont les fils, d s ce temps-l , deviennent, s'il pla t Dieu, procureurs, avocats, m decins, mais dans la maison du laboureur, propri taire, m tayer, fermier on colon, qui gagne sa vie la sueur de son front et qui, sans jouir du superflu, poss de le strict n cessaire. En Champagne, dans une province dont la pauvret , m me sous l'ancien r gime, passe pour proverbiale, presque partout le laboureur ou manouvrier est propri taire de la chaumi re qu'il habite. On estime que la plus modeste, la fin du XVIIIe si cle, vaut de trois quatre cents livres, le sol, la v rit , n'en est ni carrel ni planch i , les bestiaux y logent avec la famille, la couverture en est de paille; mais faut-il donc, de notre temps m me, aller si loin dans nos campagnes pour y reconna tre cette modeste habitation rurale ? Le mobilier se compose du lit tout d'abord, le meuble le plus co teux de la maison, et que nous trouvons estim jusqu' cent livres dans un contrat de mariage de 1683. Ext rieurement, il est fait de poirier, de noyer, d'antique bois de ch ne, orn de rideaux, en serge rouge, verte ou jaune, franges de soye; int rieurement, les filles, en pousant, stipulent au contrat qu'il sera garni d'un matelas et d'un traversin de plume. Sans doute il n'a pas toujours ni partout ce bel aspect d'aisance et presque de richesse. Dans les Alpes, nous dit M. Babeau, des sortes de tiroirs plac s les uns au-dessus des autres recevaient la literie. Je crois seulement pouvoir ajouter qu'en d pit de la r volution, au fond de plus d'une province, M. Babeau retrouverait encore ces sortes de tiroirs..."
Le Mouvement littéraire au XIXe siècle
Ferdinand Brunetière
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2017
nidottu
" Ce n'est pas ce que l'on appelle un tableau, ce n'est pas non plus une histoire de la litt rature fran aise contemporaine que M. George Pellissier, dans son livre sur le Mouvement litt raire au XIXe si cle, a voulu nous retracer: c'en serait plut t la philosophie, ou, pour mieux dire, l' volution. Servons-nous de ce mot, qui est la mode; qui exprime une id e nouvelle; et qui d'ailleurs est aussi bien fait qu'expressif. Comment la litt rature classique a-t-elle donc p ri ? pourquoi ? de quel genre de mort ? d'une incapacit de vivre davantage ? parce qu'elle avait rempli le nombre de ses jours, ou sous les coups du Romantisme ? Et le Romantisme, d'o venait-il ? sous quelle conjonction d'astres favorables tait-il n ? comment a-t-il grandi ? qu'a-t-il voulu faire ? qu'a-t-il fait ? et par quels moyens ? Mais comment est-il mort son tour ? et comment le R alisme, puis le Naturalisme, se sont-ils lev s contre lui ? comment le si cle de Baour-Lormian et de Luce de Lancival est-il devenu celui de Lamartine et d'Hugo ? ou bien encore, entre les Orientales et les Po mes Barbares, entre les Martyrs et Salammb , entre les M ditations et les Fleurs du mal, quels rapports y a-t-il ? quelle parent secr te ? ou au contraire quels intervalles, pour ne pas dire quels ab mes ?..."
" ... Je ne parlerai pas de l'homme. Il n'a point cach sa vie, mais il ne l'a pas tal e non plus; et, pour me servir de ses propres expressions, l'un des m rites comme l'un des bonheurs en lut d' tre obscure. Je n'insisterai pas davantage sur les premiers essais de l' crivain. Il suff t de savoir que, lorsque Feuillet d buta, aux environs de 1846, le romantisme, encore que mal remis du retentissant chec des Burgraves, r gnait pourtant toujours. Et, en effet, ce n' tait pas Scribe ou Ponsard dont l'influence pouvait contre-balancer celle des Dumas et des Hugo, des Balzac et des George Sand, des Musset et des M rim e. Il y avait d'ailleurs en Feuillet un go t inn de la distinction, et, quoiqu'il n'e t pas t berc a sur les genoux d'une duchesse, il y avait une habitude naturelle d'esprit, si je puis ainsi dire, d j trop aristocratique, pour qu'il p t s'accommoder de ce que les ennemis du romantisme, en ce temps-l , m laient leur solide et louable bon sens, de lourdeur, d'in l gance, et de vulgarit . Comme tous les jeunes gens, Feuillet commen a donc par imiter les ma tres qu'il avait admir s du fond de sa province ou qu'il avait lus en cachette au lyc e..."