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Henry Greville
Kirjat ja teokset yhdessä paikassa: 335 kirjaa, julkaisuja vuosilta 2007–2025, suosituimpiin kuuluu Sonia. Vertaile teosten hintoja ja tarkista saatavuus suomalaisista kirjakaupoista.
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Kirjojen julkaisuvuodet: 2007–2025.
EXTRAIT: La maison seigneuriale de Daniel Loukitch Bagrianof, construite en bois sur un haut soubassement en brique, tr nait au milieu d'une cour bord e droite par une rang e d' curies et de remises, gauche par les commun? et la boulangerie. Une pelouse ovale, devant le perron, s parait en deux bras, comme une le dans le fleuve, la large route plant e d'arbres qui venait en ligne droite de la station de poste la plus voisine, distante environ de dix-huit verstes. Ce chemin, fait expr s pour les seigneurs, tait bord par de gigantesques bouleaux jusqu' la porte d'entr e, porte peu somptueuse, la v rit . Pas d'enceinte de ce c t ; un simple foss suffirait pour d fendre la demeure seigneuriale contre les loups, --pour les hommes, il n'en tait pas m me question. Quel audacieux e t pu r ver de franchir cette terrible enceinte, plus redoutable que les haies d' pines vivantes qui prot gent les ch teaux enchant s? Daniel Bagrianof avait des chiens; mais ces chiens, nourris de viande crue et l ch s tous les soirs, taient moins redoutables que le regard froid et pesant des yeux bleu clair du seigneur. Henry Gr ville, de son vrai nom Alice Marie C leste Durand n e Fleury, n e le 12 octobre 1842, Paris, et morte le 26 mai 1902, Boulogne-Billancourt, est une femme de lettres fran aise. Biographie Fille de Jean Fleury, crivain haguais et professeur Paris, elle l'accompagne en Russie quand il devient lecteur en litt rature fran aise l'universit imp riale de Saint-P tersbourg. Elle y tudie les langues et les sciences avant d'y pouser en 1857, mile Durand, professeur de droit fran ais et amateur d'art. Elle commence crire dans le Journal de Saint-P tersbourg, puis, de retour en France, en 1872, elle prend le nom de plume d'Henry Gr ville, en r f rence au village de ses parents. Elle crit des romans sur la soci t russe et publie dans la Revue des Deux Mondes, le Figaro, la Nouvelle Revue, le Journal des d bats, le Temps... Auteur prolifique, s'essayant au th tre comme aux nouvelles, la po sie comme au roman, elle a t son poque, un crivain succ s. Son manuel pour l'Instruction morale et civique pour les jeunes filles a t r dit 28 fois entre 1882 et 1891. Jules Barbey d'Aurevilly lui consacre un chapitre de ses Bas bleus: C'est encore une femme, ce qu'il para t, ce monsieur-l La mascarade des pseudonymes continue... (...) Cette revenue du pays des neiges, a tout de suite perc la neige de l'indiff rence publique, si dure aux d butants. Elle est une perce-neige heureuse Elle en a la puret ... Elle a la puret de la plume, cette chose maintenant plus rare que le talent. Guy de Maupassant dit d'elle: De toutes les femmes de lettres de France, Mme Henry Gr ville est celle dont les livres atteignent le plus d' ditions. Celle-l est surtout un conteur, un conteur gracieux et attendri. On la lit avec un plaisir doux et continu; et, quand on conna t un de ses livres, on prendra toujours volontiers les autres Elle est morte emport e par une congestion alors qu'elle suivait une cure la clinique des docteurs Sollier de Boulogne-Billancourt.
EXTRAIT: I C' tait au camp de Krasno -S lo, quelques kilom tres de P tersbourg. On finissait de d ner au mess des gardes cheval. Les jeunes officiers avaient c l br la f te de l'un d'entre eux, et la soci t tait mont e ce joyeux diapason qui suit les bons repas. La derni re tourn e de vin de Champagne circulait autour de la table. La tente du mess, relev e d'un c t , laissait entrer les derniers rayons d'un beau soleil de juin: il pouvait tre neuf heures du soir, la poussi re, soulev e tout le jour par les pieds des chevaux et de l'infanterie, redescendait lentement sur la terre faisant un nimbe d'or au camp tout entier. Vers le petit th tre d' t , o la jeunesse se d sennuie de son exil militaire, roulaient de nombreuses cal ches, emportant les officiers mari s avec leurs femmes; les petits drochkis, go stes, troits comme un fourreau d' p e, sur lesquels perche un jeune officier, --voiturant le plus souvent un camarade sur ses genoux, faute de place pour l'asseoir son c t , --prenaient les devants et d posaient leur fardeau sur le perron de la salle de spectacle. Cette joyeuse file d' quipages roulait incessamment de l'autre c t de la place; mais la repr sentation de ce soir-l ne devait pas tre embellie par les casquettes blanches lis r rouge: MM. les gardes cheval avaient d cid de clore la soir e au mess. On y tait si bien De larges potiches de Chine ventrues laissaient chapper des bouquets en feu d'artifice; des pyramides de fruits s'entassaient dans les coupes de cristal; les tambours taient copieusement garnis de bonbons, et de fruits confits, --tout officier de dix-huit ans est doubl d'un b b , amateur de friandises;--de grands massifs d'arbustes la sombre verdure cachaient les pieux qui soutenaient la tente...; Henry Gr ville, de son vrai nom Alice Marie C leste Durand n e Fleury, n e le 12 octobre 1842, Paris, et morte le 26 mai 1902, Boulogne-Billancourt, est une femme de lettres fran aise. Biographie Fille de Jean Fleury, crivain haguais et professeur Paris, elle l'accompagne en Russie quand il devient lecteur en litt rature fran aise l'universit imp riale de Saint-P tersbourg. Elle y tudie les langues et les sciences avant d'y pouser en 1857, mile Durand, professeur de droit fran ais et amateur d'art. Elle commence crire dans le Journal de Saint-P tersbourg, puis, de retour en France, en 1872, elle prend le nom de plume d'Henry Gr ville, en r f rence au village de ses parents. Elle crit des romans sur la soci t russe et publie dans la Revue des Deux Mondes, le Figaro, la Nouvelle Revue, le Journal des d bats, le Temps... Auteur prolifique, s'essayant au th tre comme aux nouvelles, la po sie comme au roman, elle a t son poque, un crivain succ s. Son manuel pour l'Instruction morale et civique pour les jeunes filles a t r dit 28 fois entre 1882 et 1891. Jules Barbey d'Aurevilly lui consacre un chapitre de ses Bas bleus: C'est encore une femme, ce qu'il para t, ce monsieur-l La mascarade des pseudonymes continue... (...) Cette revenue du pays des neiges, a tout de suite perc la neige de l'indiff rence publique, si dure aux d butants. Elle est une perce-neige heureuse Elle en a la puret ... Elle a la puret de la plume, cette chose maintenant plus rare que le talent. Guy de Maupassant dit d'elle: De toutes les femmes de lettres de France, Mme Henry Gr ville est celle dont les livres atteignent le plus d' ditions. Celle-l est surtout un conteur, un conteur gracieux et attendri. On la lit avec un plaisir doux et continu; et, quand on conna t un de ses livres, on prendra toujours volontiers les autres Elle est morte emport e par une congestion alors qu'elle suivait une cure la clinique des docteurs Sollier de Boulogne-Billancourt.
EXTRAIT: Le prince Roubine fumait sur la terrasse son cigare d'apr s-d n e; tendu dans un rocking-chair de bambou, il se balan ait nonchalamment en regardant le paysage dor par les rayons du soir. Sous ses yeux s' tendait le golfe; la rive droite s'estompait dans une vapeur ros e, o se dessinaient peine en plus fonc les masses granitiques de la c te de Finlande; l'eau bleue venait clapoter doucement sur le rivage au bas de son jardin, dont les grandes avenues descendaient jusqu' la mer. droite, la ville de P terhof s' talait en amphith tre, d ployant l'animation factice des villes d'eaux, o l'on se h te de vivre pendant les trois mois de la belle saison; les bateaux vapeur qui font le service de P tersbourg fumaient et grondaient aupr s de la longue estacade, d posant de nombreux passagers, venus pour entendre jouer la musique dans les jardins imp riaux ou pour passer la soir e pr s de quelque ami: d' l gants uniformes d'officiers de toutes les armes parcouraient le quai; les robes claires des femmes semblaient autant de fleurs sur la sombre masse de verdure du parc, et toute l'exub rance de la vie mondaine russe semblait se r sumer dans ce coin de terre. gauche, les villas clairsem es dans les feuillages, la c te fuyante qui semblait se d rober l' treinte de la mer, reposaient le regard et l'esprit. Le prince tait blas sur le spectacle de la ville, peut- tre l' tait-il encore davantage sur celui de la mer et du paysage; mais s rement il ne l' tait pas sur le charme d'un caf br lant et d licieux, d'un cigare exquis, d'un fauteuil confortable; c' taient des jouissances dont, loin de s'amoindrir, l'intensit semblait s'augmenter avec l'habitude; aussi s' tira-t-il dans son fauteuil avec un petit frisson de b atitude, au moment o sa tasse de caf vint se poser comme par enchantement pr s de sa main. Henry Gr ville, de son vrai nom Alice Marie C leste Durand n e Fleury, n e le 12 octobre 1842, Paris, et morte le 26 mai 1902, Boulogne-Billancourt, est une femme de lettres fran aise. Biographie Fille de Jean Fleury, crivain haguais et professeur Paris, elle l'accompagne en Russie quand il devient lecteur en litt rature fran aise l'universit imp riale de Saint-P tersbourg. Elle y tudie les langues et les sciences avant d'y pouser en 1857, mile Durand, professeur de droit fran ais et amateur d'art. Elle commence crire dans le Journal de Saint-P tersbourg, puis, de retour en France, en 1872, elle prend le nom de plume d'Henry Gr ville, en r f rence au village de ses parents. Elle crit des romans sur la soci t russe et publie dans la Revue des Deux Mondes, le Figaro, la Nouvelle Revue, le Journal des d bats, le Temps... Auteur prolifique, s'essayant au th tre comme aux nouvelles, la po sie comme au roman, elle a t son poque, un crivain succ s. Son manuel pour l'Instruction morale et civique pour les jeunes filles a t r dit 28 fois entre 1882 et 1891. Jules Barbey d'Aurevilly lui consacre un chapitre de ses Bas bleus: C'est encore une femme, ce qu'il para t, ce monsieur-l La mascarade des pseudonymes continue... (...) Cette revenue du pays des neiges, a tout de suite perc la neige de l'indiff rence publique, si dure aux d butants. Elle est une perce-neige heureuse Elle en a la puret ... Elle a la puret de la plume, cette chose maintenant plus rare que le talent. Guy de Maupassant dit d'elle: De toutes les femmes de lettres de France, Mme Henry Gr ville est celle dont les livres atteignent le plus d' ditions. Celle-l est surtout un conteur, un conteur gracieux et attendri. On la lit avec un plaisir doux et continu; et, quand on conna t un de ses livres, on prendra toujours volontiers les autres Elle est morte emport e par une congestion alors qu'elle suivait une cure la clinique des docteurs Sol
Henry Greville, whose real name is Alice Marie Celeste Durand born Fleury, born October 12, 1842, in Paris, and died May 26, 1902 in Boulogne-Billancourt, is a French woman of letters. Henry Gr ville, de son vrai nom Alice Marie C leste Durand n e Fleury, n e le 12 octobre 1842, Paris, et morte le 26 mai 1902, Boulogne-Billancourt, est une femme de lettres fran aise. Extrait: Chapitre 1 La premi re classe tait plong e dans les douceurs de l' tude, comme d'ailleurs l'institut tout entier. Le lourd soleil d'ao t brillait sur les toits de t le verte et se refl tait dans les vitres des immenses fen tres demi ferm es; un souffle d'orage grondant au loin arrivait par bouff es, et la voix somnolente du professeur d taillait les causes de la d cadence de la maison d'Autriche aux l ves moiti endormies. Les trois premi res de la classe, les plus intelligentes, sp cialement favoris es du ma tre, griffonnaient assid ment les brouillons qui devaient leur valoir des notes brillantes aux examens de fin d'ann e, - ceux qui pr c deraient leur sortie de l'institut, et, par cons quent, leur retour dans la famille. La dame de classe, vieille fille p dante et guind e, continuait au crochet un interminable couvre-pieds dont personne dans l' tablissement n'avait vu le commencement, et, de temps autre, son oeil vigilant et soup onneux parcourait les rangs de son troupeau juv nile. Soudain, dans ce milieu somnolent, correct et routinier, il arriva un v nement extraordinaire, dont n'avaient jamais t t moins les murailles de l'institut de demoiselles plac sous le patronage de S. A. I. madame la grande-duchesse X... Le professeur resta bouche b e, les l ves pouff rent de rire, et la dame de la classe se leva de toute sa hauteur, surprise et indign e... pendant que les derni res vibrations d'une gamme chromatique, fil e avec une douceur exquise par une belle voix de contralto, allaient s' teindre sur les cartes murales frissonnantes d'indignation entre leurs rouleaux de bois noir. - Ranine tonna la dame de classe. La jeune fille ainsi interpell e par son nom de famille, suivant l'usage des instituts, se tint debout, la t te basse, pr te recevoir sa mercuriale.... Biographie Fille de Jean Fleury, crivain haguais et professeur Paris, elle l'accompagne en Russie quand il devient lecteur en litt rature fran aise l'universit imp riale de Saint-P tersbourg. Elle y tudie les langues et les sciences avant d'y pouser en 1857, mile Durand, professeur de droit fran ais et amateur d'art. Elle commence crire dans le Journal de Saint-P tersbourg, puis, de retour en France, en 1872, elle prend le nom de plume d'Henry Gr ville, en r f rence au village de ses parents. Elle crit des romans sur la soci t russe et publie dans la Revue des Deux Mondes, le Figaro, la Nouvelle Revue, le Journal des d bats, le Temps... Auteur prolifique, s'essayant au th tre comme aux nouvelles, la po sie comme au roman, elle a t son poque, un crivain succ s. Son manuel pour l'Instruction morale et civique pour les jeunes filles a t r dit 28 fois entre 1882 et 1891. Jules Barbey d'Aurevilly lui consacre un chapitre de ses Bas bleus: C'est encore une femme, ce qu'il para t, ce monsieur-l La mascarade des pseudonymes continue... (...) Cette revenue du pays des neiges, a tout de suite perc la neige de l'indiff rence publique, si dure aux d butants. Elle est une perce-neige heureuse Elle en a la puret ... Elle a la puret de la plume, cette chose maintenant plus rare que le talent. Guy de Maupassant dit d'elle: De toutes les femmes de lettres de France, Mme Henry Gr ville est celle dont les livres atteignent le plus d' ditions. Celle-l est surtout un conteur, un conteur gracieux et attendri. On la lit avec un plaisir doux et continu; et, quand on conna t un de ses livres, on
Henry Greville, whose real name is Alice Marie Celeste Durand born Fleury, born October 12, 1842, in Paris, and died May 26, 1902 in Boulogne-Billancourt, is a French woman of letters. Henry Gr ville, de son vrai nom Alice Marie C leste Durand n e Fleury, n e le 12 octobre 1842, Paris, et morte le 26 mai 1902, Boulogne-Billancourt, est une femme de lettres fran aise. Extrait: Chapitre 1 La grande rue de Beaumont tait pleine de poussi re, de soleil et de silence. Personne sur le seuil des maisons de pierre grise, uniform ment construites sur le m me mod le, suivant une ligne tir e au cordeau. Au-dessus du rez-de-chauss e s' levait un premier tage aux fen tres garnies de petits carreaux verd tres, doubl s pour l'oeil du curieux de rideaux de mousseline blanche fleurs, plus imp n trables que les triples voiles d'Isis. Madame Lagarde tricotait paisiblement un bas qui n'en finissait plus, tant la jambe en tait longue; d rogeant aux usages des gens comme il faut du pays, elle avait gard sa maison l'ancienne porte coup e en deux dans le sens de la hauteur, dont la partie inf rieure, ferm e au loquet, prot geait la salle contre les invasions probables des chiens, des poules, des oies, voire m me des agneaux gar s. La partie sup rieure, formant volet, restait ouverte et suppl ait d'une mani re tr s efficace au jour insuffisant que donnait l'unique fen tre de la grande pi ce du rez-de-chauss e. - Voici la poste qui arrive, dit demi-voix madame Lagarde au moment o la petite diligence jaune, tra n e par un seul cheval qui emportait parfois jusqu' huit personnes, malgr sa maigreur apocalyptique, passa devant sa fen tre avec un bruit de ferraille distinct, mais modeste, comme il convient un quipage qui fait le service public, pay par le gouvernement. La vieille dame retomba dans son silence ordinaire, coup seulement par le cliquetis r gulier des aiguilles dans le bas de laine; les facteurs, un un, entr rent dans le bureau de poste, d'o ils ressortirent bient t, le lourd sac plein de journaux et de lettres pendu en bandouli re, le gros b ton d' pine la main. - M lanie, cria madame Lagarde, va donc voir la poste s'il n'y a pas de lettres pour moi. - Eh mon Dieu, pourquoi voulez-vous qu'il y ait des lettres pour vous ? fit M lanie en apparaissant sur le seuil de la cuisine qui donnait du c t oppos sur un petit jardin plein de lavande et de romarin. Vous avez eu une lettre de votre fils, il y a quinze jours, et vous savez bien que personne d'autre ne vous crit. Et puis, ce n'est pas votre jour de journal.
Henry Greville, whose real name is Alice Marie Celeste Durand born Fleury, born October 12, 1842, in Paris, and died May 26, 1902 in Boulogne-Billancourt, is a French woman of letters. Henry Gr ville, de son vrai nom Alice Marie C leste Durand n e Fleury, n e le 12 octobre 1842, Paris, et morte le 26 mai 1902, Boulogne-Billancourt, est une femme de lettres fran aise. Extrait: Chapitre 1 C' tait l'heure o les troupeaux rentrent du p turage; les vaches paresseuses et les petits veaux inquiets s'en revenaient lentement la ville, au milieu d'un nuage de poussi re dor e. Tant qu'elle roula dans les rues de Kozlychkine, la petite cal che qui venait de quitter l'auberge principale n'eut pas de peine fendre le courant anim qui venait sa rencontre; mais, lorsque les maisons de la grande rue se firent plus rares, le cocher prouva quelque difficult guider ses trois chevaux indociles au milieu de ce flot de b tail lourd et patient. Les vaches s'arr taient devant la porte de leurs demeures, et, poussant des beuglements plaintifs, appelaient leurs compagnes retardataires avant de franchir le seuil de l' table; pour peu que deux ou trois de ces lentes cr atures se fussent r unies sur un point de la voie, le passage tait totalement obstru par le reste du troupeau que h taient les bouviers arm s de longs cornets au son strident, semblables ces trompettes du jugement dernier qu'on voit dans les anciens tableaux. De temps autre une centaine de moutons passaient sur les contre-all es, le long des maisons, courant comme pris de panique, se culbutant, roulant dans le foss , puis s'arr taient sans motif et reprenaient leur course folle pour se pr cipiter, t te baiss e, les uns sur les autres, sous la porte troite et basse de leur bergerie. Les petits enfants couraient pieds nus et les excitaient de la voix; les chiens affair s, s rieux, aboyaient droite et gauche; les bergers criaient tue-t te, et parfois une vache pensive s'arr tait au milieu de la route, la t te lev e, aspirant l'air. Biographie Fille de Jean Fleury, crivain haguais et professeur Paris, elle l'accompagne en Russie quand il devient lecteur en litt rature fran aise l'universit imp riale de Saint-P tersbourg. Elle y tudie les langues et les sciences avant d'y pouser en 1857, mile Durand, professeur de droit fran ais et amateur d'art. Elle commence crire dans le Journal de Saint-P tersbourg, puis, de retour en France, en 1872, elle prend le nom de plume d'Henry Gr ville, en r f rence au village de ses parents. Elle crit des romans sur la soci t russe et publie dans la Revue des Deux Mondes, le Figaro, la Nouvelle Revue, le Journal des d bats, le Temps... Auteur prolifique, s'essayant au th tre comme aux nouvelles, la po sie comme au roman, elle a t son poque, un crivain succ s. Son manuel pour l'Instruction morale et civique pour les jeunes filles a t r dit 28 fois entre 1882 et 1891. Jules Barbey d'Aurevilly lui consacre un chapitre de ses Bas bleus: C'est encore une femme, ce qu'il para t, ce monsieur-l La mascarade des pseudonymes continue... (...) Cette revenue du pays des neiges, a tout de suite perc la neige de l'indiff rence publique, si dure aux d butants. Elle est une perce-neige heureuse Elle en a la puret ... Elle a la puret de la plume, cette chose maintenant plus rare que le talent. Guy de Maupassant dit d'elle: De toutes les femmes de lettres de France, Mme Henry Gr ville est celle dont les livres atteignent le plus d' ditions. Celle-l est surtout un conteur, un conteur gracieux et attendri. On la lit avec un plaisir doux et continu; et, quand on conna t un de ses livres, on prendra toujours volontiers les autres Elle est morte emport e par une congestion alors qu'elle suivait une cure la clinique des docteurs Sollier de Boulogne-Billanco
Nouvelles Russes: Stéphane Makarief Véra l'Examinateur Le Meunier Anton Malissof
Henry Gréville
Hachette Livre - BNF
2015
pokkari
Fille de Jean Fleury, crivain haguais et professeur Paris, elle l'accompagne en Russie quand il devient lecteur en litt rature fran aise l'universit imp riale de Saint-P tersbourg. Elle y tudie les langues et les sciences avant d'y pouser en 1857, mile Durand, professeur de droit fran ais et amateur d'art. Elle commence crire dans le Journal de Saint-P tersbourg, puis, de retour en France, en 1872, elle prend le nom de plume d'Henry Gr ville, en r f rence au village de ses parents. Elle crit des romans sur la soci t russe et publie dans la Revue des Deux Mondes, le Figaro, la Nouvelle Revue, le Journal des d bats, le Temps... Auteur prolifique, s'essayant au th tre comme aux nouvelles, la po sie comme au roman, elle a t son poque, un crivain succ s. Son manuel pour l'Instruction morale et civique pour les jeunes filles a t r dit 28 fois entre 1882 et 1891,
I - Vous le voyez, ma ch re dame, j'ai eu bien des peines, conclut la veuve en s'essuyant les yeux, et encore, je crains bien de n' tre pas au bout. - Pourquoi ? demanda innocemment madame Aubier. - Parce que les affaires d'argent ne sont pas termin es, et je crois bien que la famille de mon d funt mari ne les arrangera pas mon avantage. - On ne peut pas leur demander a fit observer la vieille dame, non sans quelque apparence de bon sens: votre mari vous avait pous e malgr eux; ils n'ont aucun motif de vous avantager dans ce partage. - Depuis deux ans que cela dure, il me semble pourtant qu'ils auraient pu en finir; mais... Madame Philom ne Cr pin laissa sa phrase inachev e, et sa confidente essaya de la terminer pour elle.
I La m nagerie de la comtesse Koumiassine. Il avait neig toute la journ e, et la nuit promettait de n' tre pas meilleure. Un chemin peine battu dans la neige molle, et recouvert tout moment par les gros flocons lourds et paresseux, conduisait des communs la maison seigneuriale. Les domestiques, en habit noir, en cravate blanche, couraient sans cesse la cuisine, situ e au milieu de la cour, et revenaient portant des plats d'argent recouverts de cloches de m tal; le ma tre d'h tel s'avan ait de temps en temps sur le perron, gourmandant droite et gauche du ton le plus rogue, puis reparaissait, obs quieux et souriant, derri re la chaise de la comtesse Koumiassine.
I La maison seigneuriale de Daniel Loukitch Bagrianof, construite en bois sur un haut soubassement en brique, tr nait au milieu d'une cour bord e droite par une rang e d' curies et de remises, gauche par les communs et la boulangerie. Une pelouse ovale, devant le perron, s parait en deux bras, comme une le dans le fleuve, la large route plant e d'arbres qui venait en ligne droite de la station de poste la plus voisine, distante environ de dix-huit verstes. Ce chemin, fait expr s pour les seigneurs, tait bord par de gigantesques bouleaux jusqu' la porte d'entr e, porte peu somptueuse, la v rit . Pas d'enceinte de ce c t ; un simple foss suffisait pour d fendre la demeure seigneuriale contre les loups; - pour les hommes, il n'en tait pas m me question.
I - Le carrosse est en bas, mademoiselle, vint dire une soeur converse en essuyant ses yeux rouges avec l'extr mit de son bavolet, Notre M re vous fait prier de descendre. Gabrielle ramassa les plis de brocard qui formaient la tra ne somptueuse de sa robe de noce; ses amies de couvent se press rent autour d'elle; les baisers les plus tendres, les mille promesses qu'on fait si facilement quinze ans furent chang s et scell s avec de grosses larmes; puis Gabrielle, pr c d e par la soeur converse, se mit descendre l'escalier de pierre, us depuis des si cles par tant de pas lourds ou l gers. Elle jeta en passant un regard sur les salles d' tude, d sertes ce jour-l en son honneur; ses yeux s'arr t rent un instant sur le jardin o depuis quinze jours elle avait gren plus de r veries que de chapelets... elle allait dispara tre dans le sombre corridor qui menait au parloir.
T l gramme Colonel Mari vitch (H tel de Bade, Paris). Mariage Katia rompu; fonds puis s; exp diez vite somme consid rable. Barbe Slavsky. Lorsque le gar on de l'h tel lui apporta cette d p che, le colonel tait au lit, et supputait en imagination le revenu probable d'une entreprise commerciale r cemment close dans son cerveau f cond. La vue de l'enveloppe bleue le ramena la r alit , et la lecture du t l gramme ne le transporta point dans le septi me ciel.
I Justin Lignon passait le long de la rue Lafayette, en regardant autour de lui. Ce n' tait pas son habitude: d'ordinaire tr s press , il marchait vite, serrant sous son bras la serviette de chagrin gonfl e de papiers qui caract rise en g n ral tous les hommes employ s n'importe quoi dans n'importe quelle administration. Mais ce jour d'avril conviait les Parisiens la fl nerie, Justin n'avait point de serviette, et par cons quent se sentait plus l ger; et puis qui ne sait combien la pr sence de quelques billets de banque dans un repli du portefeuille all ge la d marche d'un homme ?
I Apr s avoir langui, la conversation tomba, et un de ces silences qui pr c dent le d part s' tablit dans le salon, parfum jusqu' la migraine par une somptueuse corbeille d'orchid es. Niko M l tis, sans avoir regard depuis deux minutes autre chose qu'une belle toile de Corot, accroch e en face de lui, au-dessus de la ma tresse de la maison, comprit qu'il ne pouvait mieux faire que de s'en aller; il se leva donc, tirant inconsciemment, d'une fa on imperceptible, ses membres longs et fins lass s d'un repos prolong . - Il faut que je vous quitte, mademoiselle, dit-il, mentant effront ment, vous voulez bien me le pardonner ? Les yeux de la jeune femme clign rent un peu, comme si elle touffait sous ses cils une gaiet intempestive. - D j ? fit-elle. Il est onze heures peine; vous avez des affaires cette heure-ci ? - H las Il se pencha sur la belle main un peu forte qui s'avan ait vers ses l vres et la baisa tranquillement. - Au revoir, Andr , dit-il en cherchant son chapeau, sans regarder son ami qui restait immobile. - Mais, je te suis... r pondit Andr Heurtey contrecoeur.
I Le champ de foire bruissait et grouillait comme un immense rucher, dont les ruches auraient t des boutiques. La vieille lande grise de Sainte-Croix n'en paraissait point autrement mue, ce spectacle se renouvelant une fois par an, sous le plus ardent soleil d'ao t. Dans un champ, clos de murailles de terre couronn es d'ajoncs pineux, deux ou trois gardiens avaient mass une prodigieuse quantit de v hicules on en voyait de toutes formes et de toutes couleurs, depuis la haute charrette foin, amen e pour remporter bien loin quelque gros b tail, jusqu' la modeste carriole, peine assez grande pour contenir un petit veau; depuis l' l gante cal che d'un visiteur citadin, jusqu'au tilbury le plus exigu, en passant par la marengotte recouverte de toile cercl e, laquelle ses deux roues et l' quilibre le plus instable dans le poids du chargement font courir tout instant le risque de verser sur la grande route.
I La nuit descendait sur la grande-vall e dont les lignes aust res se profilaient sur le ciel gris d'ardoise. Tout tait gris: le fond des ravins, o coulaient avec une brume opaline les ruisseaux gris cendr ; les grandes prairies, sur la pente des coteaux, gris plus fonc , et pourtant d'une transparence telle que les moindres accidents de terrain s'accusaient par des changements dans la nuance. Les hautes avenues d'ormes ou de h tres, aux branchages touffus, tra aient des lignes majestueuses d'un gris sombre sur les cultures, et tout en haut, pr s de l'horizon, sombre et cependant plus clair, la lande d sol e se d tachait en une ligne si fonc e qu'on l'e t crue noire, si la masse de for ts qui la continuait ne s' tait montr e beaucoup plus sombre encore. Pourtant, rien n' tait noir, car un corbeau pensif, arr t sur la girouette de l' glise, se d tachait sur le fond comme une tache d'encre sur du papier blanc. Une trou e claire dans le ciel laissait tomber une lueur trangement m lancolique sur une des sinuosit s de la vall e, o s' tendait un vaste p turage. Soudain, une teinte ros e se r pandit dans l'espace, la trou e s'embrasa et devint rouge cerise; les nuages pommel s se marbr rent de la m me nuance, r pandant sur le paysage une splendeur sinistre. Les arbres parurent plus noirs, les objets color s plus clairs, la vall e sembla s' tendre, au loin, grandie et prolong e par cette lumi re inattendue, - puis la rougeur disparut, les tra n es de braise incandescente s' teignirent sur les nuages, redevenus d'un gris de plomb, ourl et l d'une blancheur mena ante, et l'aust re pays reprit son aspect de grandeur sombre et d sol e dans l'obscurit de la nuit d'hiver.