Kirjailija
Émile Faguet
Kirjat ja teokset yhdessä paikassa: 165 kirjaa, julkaisuja vuosilta 2004–2026, suosituimpiin kuuluu Stendhal. Vertaile teosten hintoja ja tarkista saatavuus suomalaisista kirjakaupoista.
Nimi esiintyy myös muodoissa: Emile Faguet
165 kirjaa
Kirjojen julkaisuvuodet: 2004–2026.
" ... Le despotisme est la forme naturelle des soci t s; mais on y chappe quelquefois, pour un temps, quitte y retomber plus tard. C'est affaire de race, de milieu et de moment. Une race nergique, qui n'est ni conquise, ni trop conqu rante, ni trop menac e, au moment du plein d veloppement de son nergie, de sa raison et de ses lumi res - il y faut, je crois, toutes ces conditions - peut se demander si l'Etat, si ce qui la gouverne, homme, groupe, classe ou majorit , a besoin qu'on lui ob isse en tout, int gralement et servilement, comme soldat son g n ral, pour que la soci t subsiste; et elle s'aper oit que cela n'est pas du tout n cessaire; et elle tablit dans la soci t qu'elle constitue une certaine somme de libert s, garanties par la Constitution m me et par les lois. - Il y a un autre cas, qui, du reste, est le plus fr quent; c'est celui o , au contraire, la race est faible et par cons quent le gouvernement aussi, et o , sans garanties pr cises de la Constitution et des lois, des libert s s' tablissent, par les moeurs, par les habitudes et par la faiblesse du pouvoir central; mais ces libert s ne sont que des rel chements, sympt mes de d cadence et prodromes de mort prochaine, et nous ne nous occuperons aucunement de cet tat de soci t dans le cours de ce volume..."
Faguet was born at La Roche-sur-Yon, Vend e, and educated at the cole normale sup rieure in Paris. After teaching for some time in La Rochelle and Bordeaux, he returned to Paris to act as assistant professor of poetry in the university. He became professor in 1897. He was elected to the Acad mie fran aise in 1900, and received the ribbon of the L gion d'honneur in the next year. He acted as dramatic critic to the Soleil; from 1892 he was literary critic to the Revue Bleue; and in 1896 took the place of Jules Lema tre on the Journal des d bats. He died in Paris, aged 68.
En Lisant Molière: l'Homme Et Son Temps, l'Écrivain Et Son Oeuvre
Émile Faguet
Hachette Livre - BNF
2016
pokkari
" Il arrive souvent, peut- tre toujours, qu'en exposant ses id es un philosophe ne fait qu'analyser son caract re. Il arrive souvent, peut- tre toujours, qu'un philosophe a pour point de d part ses sentiments; puis, qu' tant dou , parce qu'il est philosophe, de la facult de penser ses sentiments, il fait de ses sentiments des id es; puis, qu' tant dou de la facult de synth se, il ramasse toutes ses id es, qui ne sont que des sentiments transform s, en une id e g n rale. - Puis, peut- tre, il regarde autour de lui, il avise tout ce qui dans le monde des id es contrarie et g ne son id e g n rale et il en fait la critique, minutieuse, car il est dialecticien; pre et vigoureuse, parce que son id e g n rale n'est au fond qu'un sentiment auquel il tient et m me une passion qui le domine; puis il trouve, au cours de cette op ration critique, des id es confirmatrices de sa pens e g n rale et il les accueille, et sa pens e g n rale devient syst me; - et aussi, car il est loyal, des id es lui viennent qui sont en contradiction avec son syst me, et il ne les repousse point, car il aime les id es pour elles m mes, mais il les jette comme en marge de son esprit, et du reste il cherche les faire rentrer plus ou moins dans son syst me m me; - et enfin il a la conception que, le plus souvent, il ne peut r aliser ni m me embrasser, d'un syst me qui d passerait son syst me et pourrait accueillir dans son sein plus vaste toutes les id es, aussi bien celles qui luifurent hostiles que celles qui lui furent ch res, qu'il a eues; d'un syst me au del de son syst me, d'une id e g n rale au del de son id e g n rale; et ce syst me il l'esquisse et cette id e il l'entrevoit et le plus souvent, surtout s'il meurt jeune, il reste au seuil de cette Terre promise, qu'il laisse d'autres..."
Simplification simple de l'Orthographe
Émile Faguet
Createspace Independent Publishing Platform
2015
nidottu
" Je commence par dire, comme je l'ai dit ailleurs, que j'attache tr s peu d'importance cette question. Quelque simplification que l'on apporte dans l'orthographe, l'orthographe sera toujours tr s longue apprendre. J'estime qu'il faut cinq ou six ans pour apprendre un enfant mettre l'orthographe. J'estime que le projet de simplification le plus hardi et le plus logique, qui du reste est encore trouver, sauverait l' colier trois semaines ou un mois d' tudes. - C'est d j quelque chose. Parfaitement; et c'est pour cela que j'ai consenti m'occuper de cette question; mais encore, on comprend assez pourquoi je ne la tiens pas pour consid rable. Tant y a que j'ai une opinion personnelle sur cette affaire, qu'on me la demande et que la voici..."
" On lit tr s peu, disait Voltaire, et, parmi ceux qui veulent s'instruire, la plupart lisent tr s mal. De m me un pigrammatiste inconnu, du moins de moi, disait, au commencement, je crois, du XIXe si cle: Le sort des hommes est ceci: Beaucoup d'appel s, peu d' lus; Le sort des livres, le voici: Beaucoup d' pel s, peu de lus. Savoir lire, on le sent, est donc un art et il y a un art de lire. C'est quoi songeait Sainte-Beuve quand il disait: Le critique n'est qu'un homme qui sait lire et qui apprend lire aux autres. Mais en quoi cet art consiste-t-il ? Je crois que nous voil tous embarrass s..."
Il n'est pas de sentiment que les philosophes aient plus bl m , condamn et raill que l' go sme, l'amour propre comme dit La Rochefoucauld, l'amour de soi. Aristote y ram ne toutes les passions et il faut entendre les passions mauvaises; tout le Christianisme, par une interpr tation peut- tre fausse d'une parole de son fondateur, lui livre une bataille ternelle; Montaigne lui-m me, cette fleur charmante d' go sme aimable, biaise avec son go sme et le pr sente comme un projet d' tudier l'homme en la personne de M. de Montaigne. Pascal dit de Montaigne: le sot projet qu'il a de se peindre et prononce l'arr t, dont l' go sme ne s'est pas relev Le moi est ha ssable. Rench rissant sur Aristote, La Rochefoucauld montre avec acharnement que l'amour propre est la source, non seulement de nos passions mauvaises, mais de ce que nous prenons pour nos vertus, et, plus dangereux d guis qu' visage d couvert, se fait aimer, comme s'il en avait besoin, sous le masque des qualit s qui sont le plus loign es de ce qu'il est.
Car on ne le lit plus du tout et il est de ceux que l'on ne conna t que par ce que les professeurs de philosophie en disent dans leurs cours ou en crivent dans leurs manuels. Il n'est plus que scolaire. La scolarit est d'abord le triomphe, puis le tombeau des auteurs. Elle les consacre d'abord comme tant de ceux qui doivent entrer dans l'entretien et comme dans l'aliment de l'humanit , et c'est la plus illustre et la plus ch re r compense qui puisse stimuler l'ambition d'un homme et la satisfaire. - Un temps vient ensuite o la scolarit enterre un auteur. Comme il n'est plus qu' moiti dans les pr occupations intellectuelles du public, chacun n'y prend garde qu'au cours de ses tudes, et, quitt s les bancs, on ne le lit plus parce qu'on croit l'avoir lu et qu'on se tient quitte envers lui. Quand ce moment arrive pour un crivain, il vaudrait mieux pour lui que les professeurs le laissassent de c t , moyennant quoi, apr s avoir quitt le coll ge, le curieux irait lui comme quelque chose d'inconnu, de non touch et d'impr vu. - Platon n'est plus lu qu'en classe, tr s partiellement, tr s superficiellement, par acquit de conscience, c'est- -dire peu consciencieusement et avec le commencement du ferme propos de n'y plus revenir.