Kirjailija
Gustave Aimard
Kirjat ja teokset yhdessä paikassa: 644 kirjaa, julkaisuja vuosilta 2006–2026, suosituimpiin kuuluu Les Forestiers du Michigan. Vertaile teosten hintoja ja tarkista saatavuus suomalaisista kirjakaupoista.
644 kirjaa
Kirjojen julkaisuvuodet: 2006–2026.
" C'est au milieu de l'une des immenses for ts dont nous venons de parler que commence notre r cit, le 27 octobre 1812, vers trois heures de l'apr s-midi. La chaleur avait t touffante sous le couvert; mais en ce moment les rayons de plus en plus obliques du soleil allongeaient les grandes ombres des arbres et la brise du soir qui venait de se lever rafra chissait l'atmosph re et emportait au loin les nu es de moustiques qui pendant toute la matin e avaient bourdonn en tournoyant au-dessus des mar cages des clairi res..."
Les flibustiers... C' taient d'abord des aventuriers fran ais qui avaient tout au plus la qualit de corsaires. C' taient des oiseaux de proie qui fondaient de tous les c t s... Jamais les Romains ne firent des actions si tonnantes. S'ils avaient eu une politique gale leur indomptable courage, ils auraient fond un grand empire en Am rique. (Voltaire.) I Le Saumon couronn Le 17 octobre 1658, entr sept et huit heures du soir, deux hommes taient attabl s dans la grande salle du Saumon couronn , la principale auberge de la ville de Port-de-Paix, rendez-vous ordinaire des aventuriers de toutes nations que la soif de l'or et la haine des Espagnols attiraient dans les Antilles. Ce jour-l , une chaleur torride n'avait cess de peser sur la ville, de gros nuages jaun tres charg s d' lectricit s' taient tendus d'un bout l'autre de l'horizon, sans qu'un souffle d'air v nt, m me au coucher du soleil, rafra chir la terre p m e de chaleur. On entendait de sourds murmures qui, s' chappant du sein des mornes, roulaient r percut s par les chos avec les clats stridents d'un tonnerre lointain. La mer, noire comme de l'encre, agit e par quelque commotion souterraine, se soulevait en vagues houleuses et venait lourdement se briser contre les rochers de la plage avec des plaintes sinistres. Tout enfin pr sageait un ouragan prochain. Les habitants de Port-de-Paix, rudes marins pour la plupart cependant, et habitu s de longue main lutter contre les plus terribles dangers, subissant malgr eux l'influence de ce malaise g n ral de la nature, s' taient renferm s dans leurs maisons; les rues taient d sertes et silencieuses, la ville semblait abandonn e, et l'auberge du Saumon couronn , qui d'ordinaire, cette heure peu avanc e de la nuit, regorgeait de buveurs, n'abritait sous les lambris enfum s de sa vaste salle que les deux hommes dont nous avons parl et qui, le coude sur la table, la t te dans la main et la pipe la bouche, suivaient d'un regard distrait les fantastiques spirales de la fum e qui s' chappait incessamment de leur bouche et se condensait en un nuage bleu tre autour d'eux. Des gobelets en tain, des bouteilles, des cartes, des cornets et des d s pars et l sur la table prouvaient que depuis longtemps d j ces deux hommes se trouvaient dans l'auberge, et qu'apr s avoir essay de toutes les distractions, ils les avaient abandonn es, soit par lassitude, soit parce que des pens es plus graves occupaient leur esprit et les emp chaient de jouir, comme ils l'auraient peut- tre d sir , des plaisirs combin s du jeu et de la bouteille.
Extrait; I O le lecteur fait peu pr t connaissance avec No Santiago Lopez et avec sa famille. cinq ou six lieues, un peu plus ou un peu moins peut- tre, de la ville de Tol de, l'antique capitale des rois goths, puis des rois maures, apr s le d membrement du califat de Cordoue, et qui, apr s avoir eu deux cent mille habitants, en compte peine vingt-cinq mille aujourd'hui, tant la d population marche vite dans cette malheureuse Espagne; cinq ou six lieues environ, dis-je, de cette ville c l bre, dans les montagnes, au fond d'une vall e verdoyante et presque ignor e, s' levait l' poque o commence cette histoire, c'est- -dire vers 1628, une humble chaumi re construite en rondins, couverte tant bien que mal en chaume, appuy e contre un rocher norme qui la d fendait du vent du nord, et entour e sur les trois autres faces par un enclos, bien entretenu et ferm d'une haie vive de bois pineux. La vall e l'une des extr mit s de laquelle s' levait cette chaumi re tait peu tendue; elle avait une lieue de tour peine, et tait coup e en deux parties presque gales par une rivi re qui, torrent au sommet des montagnes, tombait de cascade en cascade dans la vall e, et arriv e l fuyait silencieusement sous les gla euls, avec ce murmure presque insaisissable de l'eau sur les cailloux qui a le privil ge de tant charmer les esprits r veurs.