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Maxime Du Camp
Kirjat ja teokset yhdessä paikassa: 152 kirjaa, julkaisuja vuosilta 2008–2025, suosituimpiin kuuluu Théophile Gautier. Vertaile teosten hintoja ja tarkista saatavuus suomalaisista kirjakaupoista.
152 kirjaa
Kirjojen julkaisuvuodet: 2008–2025.
Paris, Ses Organes, Ses Fonctions Et Sa Vie Dans La Seconde Moitie Du Xixe Siècle; Volume 2
Maxime Du Camp
Wentworth Press
2018
sidottu
La charit priv e Paris / Maxime Du Camp, ... Date de l' dition originale: 1885Sujet de l'ouvrage: Oeuvres de bienfaisance -- France -- Paris (France)Pauvret -- France -- Paris (France)Le pr sent ouvrage s'inscrit dans une politique de conservation patrimoniale des ouvrages de la litt rature Fran aise mise en place avec la BNF. HACHETTE LIVRE et la BNF proposent ainsi un catalogue de titres indisponibles, la BNF ayant num ris ces oeuvres et HACHETTE LIVRE les imprimant la demande. Certains de ces ouvrages refl tent des courants de pens e caract ristiques de leur poque, mais qui seraient aujourd'hui jug s condamnables. Ils n'en appartiennent pas moins l'histoire des id es en France et sont susceptibles de pr senter un int r t scientifique ou historique. Le sens de notre d marche ditoriale consiste ainsi permettre l'acc s ces oeuvres sans pour autant que nous en cautionnions en aucune fa on le contenu. Pour plus d'informations, rendez-vous sur www.hachettebnf.fr
La Place de la Roquette: Le quartier des condamnés à mort et l'échafaud
Maxime Du Camp
Createspace Independent Publishing Platform
2018
nidottu
" Jusqu'aux premiers jours du XIXe si cle, on ex cutait Paris les criminels un peu partout, au hasard de certaines convenances dont le mobile nous chappe aujourd'hui, la Gr ve, aux Halles, la Croix du Trahoir, place de la Bastille, souvent dans un carrefour et parfois m me dans les rues. La place de Gr ve, exclusivement adopt e sous le consulat, vit, jusqu' la r volution de juillet, toutes les ex cutions capitales dont Paris fut ensanglant , et cette poque elles taient marqu es de pr liminaires d'une lenteur d sesp rante. Le condamn , amen d s le matin de Bic tre, o il tait enferm depuis qu'il avait sign son pourvoi en cassation, tait mis la Conciergerie pour y passer son dernier jour. Quelques minutes avant quatre heures, il tait extrait de la prison, hiss sur une charrette d couverte et dirig ainsi, travers la foule qui encombrait les quais, jusqu' la place sinistre o il devait mourir. Du haut de l' chafaud tourn vers la Seine, il pouvait voir le Palais de Justice et Notre-Dame. Cet usage cruel d'exhiber ainsi le condamn et de le montrer au peuple disparut avec la dynastie des Bourbons. A la place de Gr ve on substitua la place de la barri re Saint-Jacques, qui fut inaugur e le 3 f vrier 1832 par Desandrieux; au lieu de faire l'ex cution quatre heures de l'apr s-midi, alors que toute la population est sur pied et peut accourir, au lieu de laisser les crieurs arpenter les rues en annon ant le moment du supplice, on imposa aux agents de l'autorit une discr tion absolue, et l'on fixa l'instant de l'ex cution au petit lever du jour..."
" La mort depuis quelque temps ne s'est point montr e cl mente pour les peintres dont les travaux avaient valu l' cole fran aise une sup riorit qui va s'effa ant de jour en jour. Nul encore, parmi les artistes actuels, n'a remplac les ma tres regrett s qui ont laiss des exemples demeur s infructueux. Hippolyte Flandrin a t appel vers les r gions inconnues, o il a peut- tre trouv la confirmation des r ves religieux qui avaient soutenu sa vie et donn son talent, naturellement un peu froid, quelque chose de myst rieux, de convaincu et d'honn te dont il para t avoir emport le secret avec lui dans la tombe. S'il y eut des peintres d'un temp rament plus riche, d'une imagination plus g n reuse, d'une ex cution plus brillante, il y en eut peu, en revanche, qui eurent pour l'art un respect plus profond; lors m me qu'il se trompa, il se trompa avec conviction, avec d f rence pour les grands principes du beau ternel, et jamais il n'abandonna un travail, si peu important qu'il f t, avant de l'avoir amen au degr de perfection dont il tait capable. En quittant cette vie, qui n'avait t pour lui qu'un long et courageux labeur, il put avoir la joie orgueilleuse de dire comme Horace: Non omnis moriar Son oeuvre ne p rira pas; quelques-uns de ses portraits resteront comme des toiles de premier ordre, et le Christ entrant J rusalem, qu'il a peint dans l' glise Saint-Germain des Pr s, m ritera toujours d' tre compar aux meilleurs tableaux de saintet que la renaissance nous a l gu s..."
" Si quelques oeuvres originales et int ressantes ne se distinguaient dans la masse des tableaux et des statues expos s au Palais de l'Industrie, nous ne devrions gu re m nager au salon de 1866 l'expression de notre d couragement plus qu'aux expositions pr c dentes, car il nous semble que la moyenne a encore baiss , comme si elle ob issait aux lois implacables d'une d pression lente, mais continue. L'ardent d sir que nous prouvons de voir l' cole fran aise reprendre son rang nous force dire qu'il y a lieu d' tre inquiet. L'art actuel para t faire fausse route et devoir s' garer promptement, s'il ne revient, par un vif et s rieux effort, des manifestations lev es con ues en dehors des go ts frelat s du jour. Chacun sait son m tier, cela n'est pas douteux, mais c'est tout: l'invention, la recherch , l'aspiration vers la grandeur, sont de plus en plus rares. Seule aujourd'hui, l'habilet de la main para t important. Or, si le m tier suffit consacrer les artistes, il doit tre indigent ces derniers de peindre des persiennes ou des tableaux. On voit de tous c t s des ouvriers habiles; quant aux artistes qui ont souci de l'id al et qui cherchent cet au-del , vers lequel les mes intelligentes doivent toujours tendre sous peine de d choir, deux lignes suffiraient pour num rer leurs noms..."
Expédition de Garibaldi dans les Deux Siciles
Maxime Du Camp
Createspace Independent Publishing Platform
2018
nidottu
" Quand j'arrivai G nes dans les premiers jours du mois d'ao t 1860, ma premi re impression fut une impression de surprise, car l'exp dition de Garibaldi, laquelle je d sirais me joindre, s'y recrutait sans aucun myst re. Soustraite, pour ainsi dire, l'action du gouvernement de Turin, G nes paraissait tre devenue une sorte de place d'armes d'o le dictateur tirait, pour la Sicile, les hommes et les munitions dont il avait besoin. Il est juste d'ajouter que lorsque le minist re pi montais, cherchant s'opposer au d part de la phalange qui allait d barquer Marsala, avait demand au gouverneur militaire de G nes s'il pouvait compter sur ses troupes, celui-ci r pondit loyalement qu'au premier geste de Garibaldi tous les soldats de l'arm e sarde d serteraient pour le suivre. Dans cet tat de choses, ce qu'il y avait de mieux faire tait de s'abstenir, de fermer les yeux et d'exprimer dans des notes diplomatiques des regrets que peut- tre l'on n' prouvait gu re. C'est ce que l'on fit, et l' v nement a d montr , au-del des probabilit s, que l'union et la lib ration italiennes, si souvent cherch es en vain, taient cette fois pr s de s'accomplir, et que c'e t t folie que de pr tendre y mettre obstacle..."
reconnaissait les nombreux inconv nients qu'offrait dans la pratique de l'exploitation le morcellement des concessions. Pour y rem dier, pour parvenir autant que possible l'unit de direction n cessaire dans de telles administrations, les chemins de fer furent divis s en six groupes, et chacun d'eux fut attribu une seule compagnie. Cette fusion tr s intelligente, dont les r sultats ont t excellents, fut consacr e par diverses lois en 1859 et 1863. Les six compagnies qui exploitent aujourd'hui les chemins de fer fran ais sont celles de l'Ouest, de l'Est, du Nord, de Paris la M diterran e, d'Orl ans et du Midi. Les voyageurs partent de Paris et y arrivent par huit gares, qui sont celles du Nord, de l'Est, de Lyon, d'Orl ans, d'Orsay, de Vincennes, de l'Ouest rive gauche et de l'Ouest rive droite. C'est de cette derni re que nous parlerons principalement, car c'est la gare-m re, et de plus c'est celle qui, par ses lignes de banlieue, a les rapports les plus fr quents avec les Parisiens. Quand il fut question de la construire, quelque temps avant l'inauguration du chemin de fer qui aboutissait au Pecq, on trouva l'emplacement qui lui tait r serv place de l'Europe si loign du centre des affaires, du Paris habit , qu'on agita tr s s rieusement le projet de l' tablir l'angle sud-est de la place de la Madeleine et de la rue Tronchet. Les rails, support s sur d' l gants arceaux de fonte lev s de 20 pieds au-dessus du sol et ayant une longueur de 615 m tres, selon le rapport, auraient travers les rues Saint-Lazare, Saint-Nicolas, des Mathurins et Castellane, dont chacune aurait eu une station particuli re..."
" L'exposition des beaux-arts a t ouverte au public le 1er mai dernier, selon l'usage r cemment consacr . Elle est un sujet de chagrin et de tristes appr hensions pour les hommes qui aiment l'art et ne s'occupent point des questions secondaires relatives aux artistes, leur bien- tre et leur r putation d'un jour. Au-dessus de ces consid rations, qui, par cela m me qu'elles sont personnelles, restent soumise des lois inf rieures, il y a le souci abstrait de l'art, qui seul peut et doit relever de la critique, pr occup e de l'oeuvre et volontairement oublieuse des auteurs. La d cadence n'est que trop manifeste, et chaque exposition en constate les progr s. A premi re vue, rien ne choque, rien n'attire; une m diocrit implacable semble avoir pass son niveau sur les oeuvres expos es et les avoir r duites un peu pr s g n ral. Les exceptions sont rares, et elles appartiennent un petit nombre de vieux lutteurs que les fortes influences lib rales d'une autre poque ont conserv s jeunes au milieu d'une g n ration sans vigueur. On chercherait en vain une oeuvre qui f t un point de d part pour une voie nouvelle; les meilleurs tableaux ne sont encore que des souvenirs. En tait-il ainsi autrefois ? Je ne le crois pas..."
L'Enseignement exceptionnel à Paris
Maxime Du Camp
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2018
nidottu
" Le devoir de toute civilisation est de donner aux hommes la plus grande somme d'instruction que leur intelligence et leur tat social peuvent comporter. Dans une tude pr c dente, on a vu comment l'enseignement tous degr s est distribu Paris; mais il existe des tres que l'on croirait destin s chapper aux bienfaits du d veloppement intellectuel, car ils sont frapp s d'une infirmit incurable. Pour ceux-l , il a fallu inventer des m thodes exceptionnelles, afin de leur rendre dans l'humanit la part dont ils semblaient d chus pour toujours. Deux hommes de bien, Fran ais tous les deux, mettant en oeuvre des proc d s fort simples, bas s sur l'observation, confirm s par l'exp rience, sont parvenus neutraliser les effets d'une maladie localis e qui le plus souvent est le r sultat d'un tat g n ral d fectueux: l'abb de l' p e et Valentin Ha y ont des noms immortels; leur g nie et leur charit ont fait ce miracle de rendre la parole aux muets et la vue aux aveugles. Profitant avec une patiente habilet des sens qui subsistaient chez ces malheureux r pudi s par la nature, ils ont obtenu dans l'organisme une sorte de transposition qui permet aux yeux de remplacer l'oreille, et au toucher de remplacer la vue. Il y a un si cle peine que ces d couvertes ont t faites pour le plus grand honneur de l'esprit humain; elles ont produit de tr s s rieux r sultats que l'on peut constater en visitant l'institution des sourds-muets et celle des jeunes-aveugles..."
Une Femme de bien: La duchesse de Galliera
Maxime Du Camp
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2018
nidottu
" Comme la mythologie, la charit a son olympe; les demi-dieux de la compassion y ont leur place. Depuis le 2 septembre 1431, date du testament par lequel Isabeau de Bavi re l gue une somme de 8 sols parisis aux pauvres enfants trouv s de Notre-Dame, jusqu' nos jours, ils sont nombreux, les bienfaiteurs qui pendant leur vie ou la minute supr me ont pens aux vaincus de l'existence et ont laiss de quoi en att nuer les mis res. En dehors des soci t s de secours que chaque corps de m tier semble s'ing nier cr er dans un dessein circonscrit, des dons consid rables ont t faits et ont permis d'ouvrir des asiles o ceux qui ont travaill sans fruit, avec impr voyance, avec mauvais vent de fortune, trouvent du moins le repos et l'abri jusqu' la derni re heure. Des personnalit s consid rables plus d'un titre, mues peut- tre par le souvenir de M. de Montyon, ont voulu assurer leur nom une gloire peu fragile, dompter l'action du temps et subsister, par l'ampleur du bien fait, dans la m moire des hommes. L'amour de soi-m me, le d sir de se survivre, ont pu tre pour quelque chose dans leur g n rosit qu'importe, si les malheureux y trouvent leur compte et si l'infortune y rencontre le secours qui l'emp che de devenir insupportable ? Quelques donateurs ont pouss la grandeur de l'offrande jusqu' la magnificence. Ont-ils, par le luxe de leurs fondations charitables, voulu s'excuser du luxe de leur propre vie; ont-ils r v d'associer les pauvres des jouissances jusqu'alors inconnues pour eux ? Je ne sais. Ce probl me, assez insignifiant par lui-m me, je me le suis pos sans pouvoir le r soudre, en tudiant les oeuvres somptueuses dont je vais parler..."
Les Hôpitaux de Paris et le nouvel Hôtel-Dieu
Maxime Du Camp
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2018
nidottu
" L' tymologie du mot h pital (hospes) indique tout d'abord la destination de ce genre d' tablissements. A l' poque o l'absence de routes ne permettait de cheminer qu' cheval ou pied, o les moeurs primitives des peuples nomades subsistaient encore, o les p lerinages taient incessants, le cubiculum hospitale, la chambre d'hospitalit , existait dans la demeure des personnages riches; les municipes, les congr gations religieuses, par charit autant que par int r t, pour attirer et retenir les trangers, firent construire des maisons o les p lerins et les voyageurs trouvaient le g te et parfois m me la nourriture. Ceux qui taient arr t s par la fatigue, la mis re, la souffrance, par un accident quelconque, y prolongeaient leur s jour. Il est probable que pendant une de ces famines et de ces pid mies si fr quentes au moyen ge 1, le caract re de l'institution se modifia; les h tes firent place aux malades, et plus d'une maison d'hospitalit devint une maladrerie avec le double caract re d'hospice et d'h pital..."
Naples et la Société napolitaine sous le roi Victor-Emmanuel
Maxime Du Camp
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2018
nidottu
" Depuis que les provinces napolitaines, soulev es la voix de Garibaldi, se sont volontairement r unies l'Italie par le vote du 22 octobre 1860, le roi Victor-Emmanuel a visit deux fois la ville de Naples. sa premi re entr e, le 7 novembre 1860, entr e dont j'ai racont les d tails dans la Revue, il fut re u avec une froideur qui cachait quelque rancune et une certaine d fiance: les gens du peuple, fort ignorants et n'ayant encore qu'une id e assez confuse de l'unit italienne, voyaient simplement dans le roi Victor-Emmanuel une fa on de comp titeur qui venait se substituer Garibaldi, qui, pour eux, avait remplac le roi Fran ois II. Garibaldi, avec ses allures pleines de bienveillance et de franchise, tait l'idole des popolani, qui naturellement firent un accueil peu empress celui qu'ils regardaient comme son successeur. Dans la classe moyenne, ce sentiment, quelques nuances pr s, ne fut pas moins vif. Garibaldi tait pour elle le lib rateur qu'elle avait tant appel , qu'elle attendait depuis si longtemps, et elle estimait, tort ou raison, que le gouvernement de Turin ne lui avait pas t moign assez de reconnaissance. Elle qui avait su toutes les p rip ties de la grande journ e du Vulturne, elle tait bless e que les Pi montais, qui n'y parurent m me pas, s'en fussent laiss attribuer la gloire, en ne faisant pas d mentir dans les journaux officiels la calomnie habile qui affirmait que, sans l'intervention des troupes r guli res, la petite arm e de Garibaldi tait perdue et Naples reprise..."
" Le r glement, approuv par le mar chal ministre des beaux-arts en date du 27 octobre 1865 dit, article 26: Deux m dailles d'honneur de la valeur de 4,000 francs chacune pourront tre accord es aux auteurs des deux oeuvres les plus minentes du Salon, et des m dailles exceptionnelles seront d cern es par le vote de tous les artistes exposants ayant obtenu une m daille aux pr c dents Salons. C' tait l une mesure excellente et lib rale; mais elle n'a pas dur longtemps, et bien vite l'administration a ressaisi le privil ge qu'elle avait sembl abandonner au droit commun. L'an dernier, ce jury sp cial, compos de tous les artistes m daill s, a prononc un jugement tr s quitable; par ses nombreuses abstentions, par la grande quantit de bulletins blancs d pos s, il d clara qu'aucune oeuvre ne m ritant la m daille d'honneur, cette derni re ne serait pas d cern e. Nulle d cision ne pouvait tre plus juste, plus rationnelle, plus s rieusement motiv e. Le mar chal Vaillant partagea l'opinion commune car dans le discours qu'il pronon a le 14 ao t et distribuant les r compenses r glementaires, il prit soin de dire aux artistes: Vous avez du reste reconnu vous-m mes cette inf riorit relative du Salon, puisque, appel s d cerner les deux m dailles d'honneur, vous avez d clar par vos votes qu'il n'y avait pas lieu d'accorder cette ann e ces r compenses exceptionnelles. C' tait parler d'or et prouver aux exposants m daill s qu'on avait compris et respect leurs votes consciencieux..."
La Banque de France sous la Commune
Maxime Du Camp
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2018
nidottu
" Il y a bient t dix ans que, d crivant ici m me les diff rents rouages de la Banque de France, je terminais mon tude en disant: La Banque est le coeur m me de la vitalit commerciale et industrielle de la France; c'est la bourse toujours ouverte o les petites gens vont puiser. Elle est la fois le phare, le refuge et le port de ravitaillement; tout succomberait avec elle si on la brisait violemment, et les auteurs d'un pareil crime seraient les premiers mourir de faim sur les ruines qu'ils auraient faites. Il n'y a rien de semblable craindre: en admettant qu'une r volution soit encore possible, elle n'atteindrait pas plus la Banque que 1830 et 1848 ne l'ont atteinte. Elle est et elle restera l'exemple d'un tablissement qui a pu traverser sans p ril des crises que l'on croyait mortelles, que le cours forc de ses billets a popularis , et qui, par la moralit , par la prudence avec lesquelles il est conduit, par l'excellent m canisme du gouvernement constitutionnel qui dirige ses destin es, est devenu pour le cr dit public un organe d'une puissance unique au monde. - J'avoue que je ne croyais pas si bien dire et que je n'imaginais pas alors que les v nements me donneraient si promptement raison. Les r volutions de juillet et de f vrier paraissent bien p les et bien molles, lorsqu'on les compare l'insurrection du 18 mars et la truanderie communarde qui l'a prolong e jusqu'au forfait outrance; et la situation qu'une s rie d'insupportables d faites imposait la France tait autrement grave que les circonstances dont furent entour s l'av nement de la branche cadette des Bourbons et la r surrection de la r publique..."
"... Il est impossible de fixer, m me approximativement, le nombre de gens qui, Paris, se livrent au vol. Quoique l'on connaisse d'une fa on presque certaine les repris de justice, les vagabonds, les hommes de mauvaise vie, les habitu s des postes de police, on ne peut rien dire de pr cis ce sujet, car dans une ville aussi peupl e que Paris l'occasion, la circonstance fortuite, jouent un r le d terminant. Pour bien des personnes dont la moralit n'a jamais t mise en doute, le vol est un acte violent par lequel on s'empare du bien d'autrui. La d finition est vraie, mais fort incompl te, et, si l'on arr tait tous ceux qui ont r ellement vol , les prisons du d partement de la Seine ne suffiraient point les contenir. Le vol a mille formes qui, pour n' tre pas excessives, n'en sont pas moins coupables. - Le marchand qui trompe sur la qualit ou la quantit de denr es vendues, le n gociant qui augmente outre mesure ses prix selon des occurrences exceptionnelles, l'homme qui trouve un objet et se l'approprie, le joueur qui sait avec adresse amener la chance de son c t , le tapissier qui met du varech au lieu de crin dans ses fauteuils, sont autant de voleurs. L'employ qui emporte chez lui et destine son usage personnel le papier et les enveloppes que son administration lui confie pour le service de l' tat est un voleur. Le chasseur qui cache une pi ce de gibier en passant devant les agents de l'octroi, la femme qui dissimule des dentelles au douanier, commettent un vol tout aussi bien que le gamin qui enl ve une cravate un talage; seulement c'est l' tat qu'on vole, et c'est un tre de raison qu'on traite avec plus de sans-g ne qu'un particulier. Cependant ces m mes personnes dont la d licatesse fait subitement d faut en pr sence du tr sor public pousseraient de beaux cris, si leur rue n' tait pas clair e, gard e, nettoy e, pav e, si, sous pr texte que l'octroi et la douane ne rapportent plus assez, on supprimait les sergents de ville qui les prot gent..."
" Entre la population indigente de Paris et celle qui peut subvenir ses besoins journaliers, il y a une cat gorie assez nombreuse d'individus qui, tout en poss dant quelques ressources, ne pourraient cependant chapper aux difficult s de la vie, s'ils ne trouvaient asile dans certaines maisons sp cialement destin es les recevoir. Ces maisons de retraite, d sign es sous le titre g n ral d'hospices, rel vent de l'assistance publique et sont au nombre de sept. La plupart taient jadis situ es Paris; mais depuis quelques ann es l'administration les a rejet es autant que possible hors de l'enceinte des fortifications, mesure excellente qui lui permet de donner ses pensionnaires les avantages hygi niques de la vie de campagne, et d' chapper aux droits d'octroi dont sont frapp es toutes les denr es introduites Paris. S'adressant des personnes que la mis re n'a pas encore r duites l'indigence, l'hospitalit ici n'est pas toujours gratuite, et, pour en pouvoir profiter, il faut remplir diverses conditions qui varient selon les tablissements. Le plus ancien de ceux-ci est l'hospice des Petits-M nages, fond en 1557, qui a pris la place de la maladrerie Saint-Germain, affect e jadis aux l preux et ferm e, faute de ressources, en 1544..."
Deux Hommes de bien: La Fondation des frères Galignani
Maxime Du Camp
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2018
nidottu
" Il y a longtemps, - cinquante-cinq ans au moins, - je me promenais, aux environs de Saint-Germain, avec Louis de Cormenin et son p re. Timon, silencieux, selon sa coutume, la t te inclin e, nous accompagnait pendant que nous parcourions la route en jouant saute-mouton. Il s'arr ta tout coup devant une vaste maison environn e d'un jardin clos de murs: Maison louer. Il demanda la visiter, et nous entr mes avec lui. J'ai le souvenir d'une grande construction divis e par des corridors sur lesquels s'ouvraient des chambres carrel es; cela ressemblait une caserne ou un hospice abandonn . Des terrains plant s de vieux arbres l'entouraient; un puits, surmont d'une ferronnerie assez compliqu e, s' levait dans le coin d'une cour garnie de pav s. Nous suivions Timon, qui examinait toute chose avec soin et ne disait mot. Lorsque cette sorte d'inspection, laquelle nous ne comprenions rien, fut termin e, il donna un pourboire au portier, puis, reprenant sa marche lente, il se tourna vers nous et nous dit: Ils seraient l tr s bien, en bon air, dans le voisinage d'une ville pleine de ressources et en marge d'une des plus belles for ts qui existent. - Qui a ? - Les crivains pauvres et affaiblis par l' ge; il n'en manque pas, mais il leur manque une maison de retraite o ils puissent vieillir l'abri du besoin, et qu'un gouvernement intelligent devrait leur ouvrir. Nous coutions, sans trop nous rendre compte des paroles prononc es par cette voix profonde, qui est une des plus sonores que j'aie entendues..."